Partager l'article ! Photovoltaïque : Enerplan redoute un manque de concertation avec les professionnels: Une réunion interministérielle se tiendr ...
Une réunion interministérielle se tiendra demain pour réviser le cadre réglementaire du photovoltaique. Les professionnels n’y sont pas conviés et les PME de la filière craignent que des décisions brutales cassent la dynamique d’un secteur qui crée des emplois en dépit d’un contexte de marasme économique.
Voici le communiqué d’Enerplan (Association de professionnels du solaire) :
« Nous prenons actes de l’organisation d’une réunion interministérielle sur le photovoltaïque, qui doit se tenir le 2 décembre. Après le remaniement, il est à propos que les différents ministères et services de l’Etat concernés, puissent poser les jalons de l’évolution de la politique photovoltaïque française.
Toutefois, cette réunion ne saurait être conclusive, sans trahir l’esprit et la pratique du Grenelle de l’Environnement. Alors que le précédent gouvernement avait annoncé une concertation avec les professionnels pour l’automne, que le rapport de l’Inspection Général des Finances appelait à la concertation pour définir une nouvelle régulation du secteur, que les parlementaires auditionnent les acteurs pour essayer de comprendre la réalité derrière les chiffres brandis, on ne peut imaginer que l’exécutif dessine l’épure et les détails de la nouvelle régulation du secteur lors de cette réunion, sans que les professionnels ne soient entendus. Une filière qui a créé plus de 10 000 emplois en 2010 et plus de 20 000 en 3 ans, à contre courant de la crise économique et sociale, mérite vraisemblablement une gouvernance responsable pour consolider un secteur à très fort potentiel.
La filière photovoltaïque française, a depuis la publication du rapport de l’IGF et la mise en œuvre des réductions du soutien public en septembre, travaillé pour poser un diagnostic et élaborer des propositions. Ces dernières s’articulent sur le principe d'une baisse prévisible et mesurée des tarifs d'achat, qui évite les aléas spéculatifs tout en misant sur l’emploi. Elles n’ignorent pas qu’il faille à la fois faire la transparence sur la file d’attente tout en réformant l’entrée et la sortie de celle-ci.
L’essentiel est aujourd’hui de s’entendre, avec le gouvernement et les parlementaires, sur une stratégie solaire française qui dote la filière d'un cadre juridique clair, stable et durable. Cela ne peut procéder que de la concertation autour d’une gouvernance de la filière photovoltaïque française, que la réunion interministérielle devrait initier. Enerplan souhaite que le gouvernement engage cette nécessaire concertation, avant qu’il ne rende ses arbitrages ».
Qui veut assassiner la filière française naissante ?
La filière photovoltaique française, contrairement à ce que laisse entendre le rapport Charpin, elle existe, ça n’est pas une légende urbaine. Les toits français ne sont pas menacés par une invasion de panneaux chinois. Actuellement, ceux qui veulent investir dans une installation photovoltaique découvrent avec bonheur que le petit installateur du coin qui vient d’embaucher un couvreur, peut souvent lui proposer des panneaux français (Sillia ou Photowatt, par exemple).
Photowatt, Sillia, Solarezo, Fonroche… ces entreprises françaises prometteuses ont eu le courage d’investir dans un secteur innovant, et finalement pas tellement aidé. Alors que le chômage sévit toujours dans notre pays, ces entreprises créent des emplois.
Sillia Energie qui fabrique des panneaux photovoltaiques à Lannion depuis juin 2009 a l’intention d’ouvrir une deuxième ligne de production en 2011 et prévoit de nouvelles embauches. Son objectif : Optimiser la production et abaisser le coût industriel du panneau.
Solarezo (siège à Lyon) va ouvrir également une seconde ligne de production à Pontonx sur l’Adour (dans le Sud-Ouest) d’ici la fin de l’année. Le site employait une cinquantaine de personnes en décembre dernier, 80 aujourd'hui, et 100 normalement fin 2010.
Fonroche (fabricant de panneaux basé à Roquefort) avait 4 salariés à ses débuts en 2008 et en a 280 aujourd’hui.
Cette nouvelle industrie dérange-t-elle les apparatchiks ?