Partager l'article ! Nucléaire : L’UFC Que- Choisir veut des éclaircissements et un débat: Un rapport de la Cour des Comptes révèle que le nuc ...
Un rapport de la Cour des Comptes révèle que le nucléaire, ça coûte cher. 228 milliards d’€ ont été investis dans la
filière depuis le début (dont 96 milliards dans les réacteurs et 55 milliards en R&D), le coût moyen du MWh nucléaire en 2010 s’élève à 49,5 € (alors qu’il a été évalué à 33,1 € /MWh
par la Commission Champsaur), le coût de production de l’EPR de Flamanville serait compris entre 70 € et 90 € le MWh. Quant aux charges futures, elles sont, du fait d’inconnues liées au
démantèlement, très incertaines. L’UFC-Que Choisir veut y voir clair. Dans un communiqué intitulé « Energie nucléaire : Un rapport qui ajoute du doute au doute »,
l’association de consommateurs réclame « un débat sur le vrai coût du nucléaire et sur ses impacts sur le prix de l’électricité sur le long terme à partir d’éléments objectifs
».
Voici le communiqué de l’UFC-Que Choisir :
Énergie nucléaire : un rapport qui ajoute du doute au doute
A la suite de la publication du rapport de la Cour des Comptes qui estime que les coûts réels du nucléaire sont
sous-estimés en apportant néanmoins peu d’éléments à la réflexion, l’UFC-QueChoisir demande aux pouvoirs publics de lancer sans attendre un débat transparent, basé sur des données objectives, sur
l’avenir de la politique énergétique française, notamment sur la construction des prix de l’électricité et sur les éventuels arbitrages technologiques à réaliser.
Le rapport de la Cour des Comptes pointe en effet un grand nombre de zones d’ombre, notamment s’agissant des charges
futures. Par exemple, si la Cour ne conteste pas la méthodologie d’EDF sur le démantèlement des centrales, elle souligne la nécessité d’une étude approfondie par des experts pour en valider les
paramètres, paramètres qui en l’absence d’un précédent sont, selon l’association, très hypothétiques. Les coûts de stockage des déchets posent également question puisque EDF appuie son chiffrage
sur une procédure qui n’est pas encore validée (1) . De leur côté, les investissements pour maintenance devraient fortement augmenter mais faute de devis précis, en particulier en matière de
sureté (2), il est impossible même avec l’analyse de la Cour des Comptes d’en estimer l’ampleur.
A partir de son analyse, la Cour des Comptes conclut à une augmentation du coût global de production qui ne sera pas sans
effet sur les prix répercutés au consommateur. La Cour table a minima sur une augmentation des coûts moyens de production de 10 %. Cependant, compte tenu des « nombreuses incertitudes » que le
rapport met en évidence, l’UFC-Que Choisir ne saurait se satisfaire d’une projection aussi aléatoire, d’autant que selon la méthode employée mais aussi la technologie retenue (3) , les prix
pourraient fortement varier (du simple au double).
En conséquence, refusant que ce rapport soit classé sans suite, l’UFC Que Choisir demande aux pouvoirs publics :
• Dans un premier temps, de lancer un débat sur le vrai coût du nucléaire et sur ses impacts sur le prix de l’électricité
sur le long terme à partir d’éléments objectifs, ce qui implique :
* De réaliser des devis précis et réguliers sur les investissements à réaliser pour maintenir les centrales actuelles dans
un état de fonctionnement et de sureté optimaux ;
* De réaliser des scénarios précisément chiffrés sur les options disponibles quant au traitement des déchets.
• Dans un deuxième temps, sur la base des éléments obtenus, de réaliser un travail prospectif, mettant en concurrence les
technologies alternatives au nucléaire afin d’orienter la politique énergétique de la France vers la technologie qui a le meilleur rapport qualité environnementale/prix".
(1) L’enfouissement en grande profondeur.
(2) Précisément sur la sureté, au mieux, seule la moitié des dépenses serait déjà provisionnée.
(3) Par exemple, avec les méthodes citées par la Cour des Comptes ; le coût minimum de production pour un EPR serait entre
70 et 90 euros le MWh, contre une fourchette de 33 à 49 euros pour la technologie actuelle.
Quelques réflexions
En plein brouillard, on a au moins une ou deux certitudes :
- Avec un coût de production de 69 €/MWh (selon l'Union Française de l'Electricité), l’éolien terrestre voit confirmer sa compétitivité.
- Quant au risque nucléaire, il va être de plus en plus cher à assurer. Si on prolonge les centrales (« l’option
la moins chère », selon l’autre rapport, celui de la commission Besson), il va bien falloir payer la facture assurantielle. En France, le montant des garanties en responsabilité civile de
l’exploitant nucléaire (soit le montant d’indemnisation en cas d’accident) est actuellement faible, plafonné à 91,5 millions d’€. La Cour des Comptes recommande de le relever à 700 millions d’€.
En fait, il s’agit juste d’être en conformité avec les conventions de Paris et de Bruxelles (ce qui est quand même la moindre des choses !). En Belgique, depuis le 1er janvier 2012, la garantie
en responsabilité civile nucléaire a été portée à 1,2 milliards d’€, la Grande-Bretagne prévoit de faire passer la garantie à 1,35 milliards. En Allemagne et en Autriche, le montant de cette
garantie est illimité.
Un article intéressant sur la problématique de l’assurance du risque nucléaire :
http://www.argusdelassurance.com/metiers/analayse-le-risque-nucleaire-est-il-inassurable.51473
http://energeia.voila.net/nucle/reacteurs_trop_chers.htm
indiquait un coût de production de 81euros le MWh pour l'électricité qui sortirait du réacteur EPR (pas avant décembre 2016 d'ailleurs).
Etude mentionnant aussi deux études comparatives sur les unités de production d'électricité dans lesquelles on voit l'avantage pris par les énergies renouvelables.