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Nos produits locaux qui font la réputation gastronomique de la France sont-ils menacés par l’industrie nucléaire, ses rejets et ses déchets ?
Après les fuites en 2008 au complexe nucléaire du Tricastin, les producteurs des vins des Côteaux du Tricastin, une appellation AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), ont exigé de changer de nom pour enrayer une chute des ventes. Il y a quelques temps, le CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne) a déposé une requête contre le centre de stockage de déchets radioactifs de Soulaines, en Champagne-Ardennes, inquiet de l’impact des effluents liquides et gazeux du centre sur le vignoble champenois. Le tribunal administratif a rejeté cette requête, mais le CIVC déclare rester vigilant. L’info a été reprise dans les journaux et webzine étrangers http://www.decanter.com/news/wine-news/50403/champagne-loses-soulaines-nuclear-dump-appeal) et a suscité différents commentaires « a sad day for Champagne indeed ! ». Dans un article, Univers Nature s’est posé la question : « Si les concurrents étrangers du champagne (Californie, Australie, etc.) se mettaient à orchestrer une savante campagne de dénigrement du type 'champagne = nucléaire', l'appellation Champagne y résisterait-elle ?»
Les rejets de tritium en augmentation
Le tritium est de l'hydrogène radioactif rejeté dans l'environnement en grande quantité par les installations nucléaires. Cette année, la centrale de Flamanville a été autorisée à en rejeter davantage, et L’EPR quand il fonctionnera, rejettera encore plus de tritium que les centrales nucléaires classiques. Or les effets cancérigènes et mutagènes du tritium inquiètent la communauté scientifique. L’ARCO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest) rappelle qu’en 2007, un groupe d’experts scientifiques britannique (AGIR) recommandait de réévaluer la radiotoxicité du tritium en la multipliant par deux. Un autre groupe d’experts au niveau européen (groupe de l’article 31 d’Euratom) est allé dans le même sens. En 2008, les autorités britanniques entérinaient ces conclusions. Certains experts (CERRIE) vont plus loin et proposent de multiplier par un facteur allant de 10 à 30 cette radiotoxicité.
Le nucléaire, ça commence à bien faire, non ?