Partager l'article ! Le solaire au hit-parade de la popularité des énergies renouvelables en France: Le moratoire et les tensions qu’il a provoqu ...
Le moratoire et les tensions qu’il a provoquées auraient pu ternir l’image de l’énergie solaire auprès des français. Il n’en est rien. Accusée de bien des maux - « Poids lourd sur la CSPE », « repaire de spéculateurs » a-t-on entendu -, l’énergie solaire photovoltaïque a toujours la cote auprès des français. C’est ce que révèle une enquête récente mandatée par le Syndicat des Energies Renouvelables à l’Institut LH2 et réalisée auprès d’un échantillon représentatif (955 personnes) de français âgés de 18 ans et plus. Selon les résultats de cette enquête : 73% des français citent (soit en 1er soit en 2ème choix) l’énergie solaire photovoltaïque comme la source de production d’électricité qui semble, pour l’avenir, « la plus efficace et la plus acceptable ». A la question « seriez-vous prêt à payer un peu plus cher votre électricité pour que les énergies renouvelables se développent dans notre pays ?». 76% répondent « plutôt oui » (24% « plutôt non »). A la même question à propos du photovoltaïque (« Seriez-vous prêt à payer un peu plus cher votre électricité pour que l’énergie solaire photovoltaïque se développe dans notre pays ? ») 60% répondent « oui » en février (les avis favorables augmentent. Ils n’étaient que de 50% en décembre dans une précédente enquête).
Des professionnels inquiets
« Le projet de rapport » issu de la concertation menée par MM Charpin et Trinck n’a pas vraiment rassuré les professionnels du photovoltaïque. « Le rapport ne répond pas aux questions qu’il soulève » déclare M. André Antolini, Président du SER. Des problèmes délicats doivent être résolus, dont celui de la file d’attente de 4000 MW. Il faut traiter ce portefeuille qui, autrement, « va venir se présenter au nouveau guichet et faire exploser le système ». Le SER préconise de faire le tri en ne gardant que les projets sérieux, consistants, et porteurs d’emplois. Solution : Proposer un tarif de transition, moins élevé que l’ancien mais meilleur que le nouveau, à ces projets sous condition du dépôt d’une caution garantissant la réalisation du projet. Pour les centrales au sol, pour lesquelles le projet de rapport préconise l’abandon des tarifs au profit d’appel d’offres de grande dimension et pluriannuels, le SER plaide pour des appel d'offres de 1000 MW (soit 200 MW/an sur 5 ans). Un objectif qui permet de faire émerger une industrie et de se positionner sur la scène internationale.
Pour M. Arnaud Mine, Président de SOLER, « les professionnels ont intégré la contrainte budgétaire », et « il est possible de créer une industrie française avec une filière de 800 MW l’année prochaine ». Pour cela, il faut « revoir le calcul de la CSPE » et obtenir « la transparence sur la file d’attente ». Arnaud Mine a salué l’attitude de la CRE prête à étudier une révision du calcul de la CSPE. La transparence de la file d’attente suppose « que les systèmes d’information des gestionnaires de réseau s’adaptent »
Un risque : Sortir du moratoire avec un dispositif inadapté
Les professionnels redoutent d’être mis au pied du mur. « Nous sommes dans une urgence absolue » signale M. André Antolini. « Il est urgent que le gouvernement fasse connaître ses propositions » ajoute-t-il, car s’il faut en discuter « il nous reste une semaine ». Un délai jugé trop court pour les professionnels qui voudraient au moins deux semaines. « Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de sortir de ce moratoire avec un dispositif inadapté » déclare M. Antolini.