Partager l'article ! La loi NOME fait l’impasse sur les ENR, toujours aussi verrouillées: La loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Ele ...
La loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) qui a pour but d’ouvrir le marché français de l’électricité à la concurrence sera débattue au Sénat dans les prochains jours. Vaste chantier qui devrait chambouler notre secteur de l’énergie organisé comme un camp retranché derrière ses réacteurs nucléaires. Compte tenu de l’importance du secteur atomique chez nous, l’enjeu de la loi NOME s’est surtout focalisé sur le prix de cession du MWh nucléaire d’EDF à ses concurrents, censé être « le prix coûtant ». EDF l’estime à 42 €/MWh, un chiffre que les concurrents (Poweo et les autres) jugent trop élevé, cherchant à le négocier entre 34 et 38 €/MWh. Le risque c’est que le prix coûtant réel, qui doit couvrir les coûts actuels et futurs de l’énergie nucléaire, s’avère finalement plus élevé que le prix auquel est vendue aujourd’hui cette énergie, encadré à travers les tarifs réglementés. La décision sera prise cet automne par le gouvernement et la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) et la loi devrait entrer en application en 2011.
Le mythe d’une électricité nucléaire bon marché commence à avoir du plomb dans l’aile et le consommateur, lui, n’a plus beaucoup d’illusion. Il a compris que, monopole ou concurrence, il devra passer à la caisse. Comme il a de moins en moins de sous, il hésitera peut-être à acheter une nouvelle « caisse électrique », préférant le covoiturage (www.covoiturage.fr /Comuto pour l’appli iPhone/smartphone, plus de 600 000 membres) ou l’auto-partage (www.voiturelib.com , www.okigo.fr, etc…)
Mais après tout, il n’y a pas que le nucléaire, il y a aussi les énergies renouvelables, c’est d’ailleurs le sujet de ce blog. Donc, je vous souhaite à tous de pouvoir acquérir une belle auto électrique chez Renault ou ailleurs, que vous rechargerez à l’énergie verte. Avec l’ouverture des marchés, on devrait pouvoir au moins profiter d’énergies renouvelables un peu moins chères, non ? Hélas, pas pour l’instant. Le secteur des ENR en France est aussi verrouillé qu’une caserne soviétique.
Enercoop n’a toujours pas la compensation de la CSPE
Dans le cadre de la loi NOME, la coopérative d’énergies vertes Enercoop a proposé un amendement pour bénéficier du retour de la CSPE, au même titre qu’EDF (pour plus d'explications, voir l’article ). Voilà une mesure simple qui permettrait de faire baisser le coût des ENR pour Enercoop et ses clients. Elle profiterait aussi aux autres fournisseurs alternatifs et enclencherait une dynamique d’investissements dans les énergies renouvelables. Mais l’amendement n’a pas été adopté par l’Assemblée Nationale.
Dans un communiqué, Enercoop évoque « un double constat négatif » pour le 3ème anniversaire de l’ouverture du marché de l’électricité, à propos de cet amendement CSPE et du seuil obligatoire de 5 mâts pour l’éolien qui condamne les petits projets éoliens citoyens. Enercoop, qui compte maintenant 6000 consommateurs (dont 700 professionnels), n’a toutefois pas perdu l’espoir de convaincre les sénateurs d’adopter l’amendement lors de l’examen de la loi NOME au Sénat dans les prochains jours.