Partager l'article ! Industriels et écolos se lèvent tous pour l’éolien: Que se passera-t-il le 4 mai lors de l’examen de la loi Grenelle ...
Que se passera-t-il le 4 mai lors de l’examen de la loi Grenelle 2 ? Il parait qu’une manif se prépare. En tous cas, les parlementaires qui ont voté les amendements anti-éoliens au projet de loi ont déjà perdu contact avec les bases. C’est quoi les « bases » ? C’est une bonne partie du pays : Les énergéticiens, les industriels de l’électricité, les entreprises qui veulent se reconvertir dans l’éolien, les jeunes et les moins jeunes qui ont déjà un emploi dans le secteur ou qui en espèrent un, les associations environnementales qui plébiscitent les éoliennes parce qu’elles ne rejettent ni CO2 ni déchets radioactifs, et tous les citoyens qui les aiment pour les mêmes raisons. Bref, ça fait du monde en faveur de l’éolien !
Lors d’un point presse organisé ce matin par le SER et FEE (Syndicat des Energies Renouvelables et sa branche France Energie Eolienne), une tribune a réuni Olivier Gainon (FIEEC), André Antolini (Président du SER), Nicolas Wolff (Président de FEE), Nicolas Bouley (UFE) et Maryse Arditi (Association France Nature Environnement). Si tous n’étaient pas d’accord sur nos besoins futurs en électricité (André Antolini évoquant une croissance exponentielle inéluctable et Maryse Arditi insistant sur la nécessité de maîtriser les consommations) tous voulaient que la France tienne ses engagements dans l’éolien. Pour rappel, la feuille de route française pour atteindre les objectifs du Paquet Energie Climat prévoit 19000 MW d’éolien terrestre à l’horizon 2020 (le parc est de 4800 MW actuellement). Et tous ont dénoncé la mise en péril de la filière éolienne par les amendements inspirés du rapport Ollier.
Le seuil de 15 MW condamne l’éolien en Bretagne et dans d’autres régions
Si un seuil minimum de 15 MW est retenu pour créer des parcs éoliens, « la moitié des projets boit la tasse » déclare André Antolini. « On a des chiffres, on peut donner la liste des projets un par un » précise-t-il. Actuellement sur 21 projets en Bretagne, 1 seul est à plus de 15 MW. 80% des projets en Pays de Loire disparaîtraient aussi.
Voilà qui est d’autant plus affligeant que la Bretagne est une région bien ventée, en manque d’énergie pour passer les pointes en hiver, ce que permettent de faire les éoliennes, mais on ne doit pas apprendre ça à l’ENA…
Les élus locaux privés d’autonomie de décision
Un amendement prévoit la mise en place d’un schéma régional éolien, co-élaboré par le préfet et la région qui vise à contraindre les zones dans lesquelles pourront être développées des ZDE (Zone de Développement de l’Eolien). Cet amendement introduit donc un étage de planification supplémentaire et prive en pratique les élus locaux de leurs compétences en matière de développement de l’énergie éolienne. Un effet pervers dénoncé également par le CLER (Comité de Liaison des Energies Renouvelables) qui précise dans un communiqué « le rapport de la mission parlementaire s’obstine dans la vision centralisée de l’énergie en France (…) En affaiblissant le rôle des élus locaux, les nouvelles mesures vont créer un fossé évident entre les projets éoliens et les citoyens qui composent les territoires ».
Le projet de loi prévoit d’instaurer aussi une échéance, le 31 décembre 2011, à partir de laquelle le développement de l’éolien serait rendu impossible si le schéma n’est pas publié.
Un secteur qui crée des usines et de l’emploi
Le secteur éolien a représenté plus de 1,5 milliards d’€ d’investissements en France en 2009 et les industriels sont consternés. « Avec ce que l’on nous prépare le relais de croissance de l’éolien est compromis » déplore Nicolas Wolff. « On se demande comment fonctionnent certaines personnes » ajoute-t-il. Pour Nicolas Bouley de l’UFE « la filière éolienne représente un fort potentiel industriel à l’horizon 2020 et les amendements sont de nature à briser cette dynamique industrielle ». Olivier Gainon de la FIEEC souligne que l’éolien fait partie des marchés prometteurs du futur. « Le développement durable est un marché clair pour les 30, 40, 50 ans qui viennent. Mais pour qu’une industrie se développe, il faut un marché national. Une filière éolienne s’est structurée. Une étude (CapGemini) a révélé que l’industrie française peut prendre des parts de marché. Aujourd’hui favoriser le développement de cette industrie, c’est cela qui va tirer la croissance et permettre de rembourser nos dettes ».
Dominique Legros, dirigeant de Ceole (Dijon), une PMI de chaudronnerie qui fabrique des tours pour éolienne, a créé une cinquantaine d’emplois depuis le lancement de la société il y a 2 ans, dont un tiers occupé par des 18-25 ans. Il envisage de passer à 100 personnes d’ici un an et demi. Peter Schuster, représentant d’Enercon, déclare que 200 personnes travaillent déjà en France pour Enercon et qu’une nouvelle usine est en projet en France.
Les anti-éoliens en embuscade, mais de moins en moins convaincants
Quelques membres de la FED (Fédération Environnement Durable) distribuaient des tracts à l’entrée du point presse, mais leur argumentaire qui ressasse toujours les mêmes rengaines (affairisme, nuisances sanitaires des éoliennes, patrimoine en danger…), est de moins en moins convaincant.
Au fait, les anti-éoliens combien de divisions ?