Partager l'article ! Dur, dur de travailler dans l’éolien: &nbs ...
Parc éolien Fécamp (nouveau point de vue) Photo : Colorwatt
Dans notre beau pays, la transition énergétique fait couler beaucoup d’encre et nourrit pas mal d’espoirs. En attendant, on est en passe de rater nos objectifs d’ENR du Paquet Energie Climat et de risquer des pénalités. Le train des énergies renouvelables a l’allure d’une marche funèbre.
L’éolien, l’énergie renouvelable la plus mature qui représente un potentiel d’emplois enviable dans cette période de disette, est une fois de plus dans le collimateur des différentes administrations. Plusieurs projets de parcs sont bloqués.
En Provence, l’armée s’oppose au parc éolien des Pallières (14 éoliennes) qui a pourtant reçu toutes les autorisations. Même les riverains ont donné leur accord au projet. Motif du refus : Le parc est situé dans une zone aérienne militaire où s’entrainent des pilotes d’hélicoptères. Mais la zone aérienne en question s’étend sur 250 000 hectares alors que l’emprise au sol du parc éolien ne représente que 70 hectares ! De surcroît, la production attendue du parc de l’ordre de 85 Gwh/an est quasi vitale pour une région qui ne produit que 10% de sa consommation électrique. Voir l’article du Figaro.
En Bourgogne, la filière éolienne est inquiète (France 3) Alors qu’une formation de « technicien de maintenance éolienne » vient d’être mise en place à Dijon, les industriels dont Siag et Ceole craignent que des modifications apportées au schéma régional excluent certaines communes, ce qui ferait perdre à la région un quart de son gisement éolien. La filière représente déjà 1000 emplois en Bourgogne. Le PDG de Ceole, Dominique Legros a publié une lettre ouverte sur le sujet adressée au journal Dijonscope.
Dans le Nord, selon La Voix du Nord, Global Wind Power envisageait d'installer 4 éoliennes à Nielles-lès-Ardres, 2 à Nordausques, Tournehem-sur-la-Hem et Bayenghem-lès-Éperlecques et 1 à Nort-Leulinghem. Le projet a été refusé par le préfet de région. Le comble : « Ce projet pouvait permettre à la communauté de communes de gagner 150 000€, alors qu'elle est en faillite ».
En Gironde, selon le journal Sud-Ouest, la création de la zone éolienne de Reignac, qui devait être la première ZDE d’Aquitaine, vient d’être annulée par la Cour d’Appel de Bordeaux. Cette décision risque de compromettre d’autres projets éoliens dans le département et a été qualifiée « d’aberrante » par le député Philippe Plisson. L’article révèle que les éoliennes de Reignac devaient produire « de l'électricité en quantité importante » et « à un coût de 8c€/kWh ».
Nous y voilà. L’éolien terrestre est d’ores et déjà une énergie compétitive, et c’est ça qui dérange. Mais est-ce que l’on peut se payer le luxe d’entraver cette filière au fort potentiel économique ?
Bilan positif des 1ères rencontres Windustry France
Terminons par une note d'optimisme. Le Syndicat des Energies Renouvelables dresse un bilan positif des premières rencontres Windustry France qui ont accueilli à Amiens les 7 et 8 décembre les grands constructeurs mondiaux d’éoliennes, des opérateurs et développeurs, et ont totalisé 1250 rendez-vous.
« Cette journée d’échanges (du 8 décembre) a été l’occasion d’attirer de nouveaux industriels et de confirmer le dynamisme de l’industrie éolienne française, y compris à l’international. Déjà aujourd’hui, la balance commerciale française, dans le domaine, est presque à l’équilibre : en 2010, la valeur des exportations s’élevait à 941 millions d’euros contre 1079 millions d’euros d’importations. La filière emploie actuellement 11 000 personnes et devrait représenter 60 000 emplois en 2020, lorsque 10 % de notre consommation électrique sera d’origine éolienne. Déjà 180 sociétés françaises servent le marché de l’éolien » précise le communiqué du SER.