Partager l'article ! Contre la pénurie électrique cet hiver : « Blowing in the Wind » !: RTE (Réseau de Transport de l’Electricité) vient de faire état d’ ...
Selon les prévisions de consommation de RTE, basées sur la situation de l’hiver dernier « Pour l’hiver 2009-2010, la pointe de consommation est estimée à 83 500 MW la première semaine de janvier pour des températures conformes aux normales saisonnières» et « la disponibilité du parc de production français est en très net retrait par rapport à l’hiver dernier ». RTE constate « L’arrivée de nouvelles centrales, principalement éoliennes et thermiques à flamme, ne compense pas la baisse conjoncturelle très prononcée de la disponibilité du parc de production français ».
Les économies d’énergie pénalisées…
Les pointes de consommation qui ont lieu généralement vers 19 h réduisent les marges de sécurité du système. Elles sont accrues par le chauffage électrique. Utilisé en France par 30% des foyers, le chauffage électrique ne sera pas soumis à la taxe carbone, et continue donc d’être fortement encouragé…
De surcroît, la refonte des tarifs de l’électricité, annoncée en douce cet été, n’incite pas particulièrement les ménages aux économies. Ce sont les petits consommateurs qui vont voir leur facture augmenter le plus.
Exemple : Pour une puissance au compteur de 3 kva et une consommation d’environ 1300 kwh/an, la facture passe à 207 €/an au lieu de 200,50 €. Pour une puissance de 9 kva au compteur et une consommation d’environ 6000 kwh annuel, la facture baisse à 772 €/an au lieu de 788 €/an. Les tarifs Tempo et EJP (Effacement Jours de pointe) conçus pour avantager ceux qui acceptent de réduire leur conso en période de pointe subissent entre 4,7 et 10% d’augmentation.
RTE précise que les actions de chacun visant à maîtriser ou réduire les pointes de consommation contribuent à « l’équilibre offre-demande » et à « la sécurité d’alimentation du pays ». Mais les petits malins qui décident de proposer aux consommateurs des équipements pour s’effacer en période de pointe, en sont pour leurs frais ! La start-up Voltalis qui a développé un ingénieux boîtier permettant de moduler sa consommation électrique, s’est vue réclamer par EDF des compensations pour le manque à gagner résultant des économies d’énergie…
Les éoliennes disqualifiées…
Pas si simple de faire des économies d’électricité. Pourquoi alors ne pas installer des moyens de production de pointe supplémentaires ? L’an dernier les éoliennes ont contribué à l’équilibre offre-demande du réseau. Grâce aux 3 régimes de vent décorrélés dont bénéficie l’hexagone, la production éolienne française est plus stable que dans tous les autres pays européens. La production éolienne du 6 janvier 2009 a été d’environ 800 MW et celle du 7 janvier a légèrement augmenté pour atteindre les 1000 MW en soirée, au moment du fameux pic de consommation. Les éoliennes qui produisent davantage l’hiver, ont aussi l’avantage d’être rapides à installer.
Voilà des arguments de poids qui n'ont pas convaincu nos sénateurs peu visionnaires. Le 7 octobre, ils ont adopté l’article 34 du texte de loi Grenelle 2 qui classent les éoliennes en ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). Alors qu’elles ne rejettent ni CO2 ni déchets radioactifs, les éoliennes sont, selon cet article, considérées comme des usines chimiques Seveso ou des centrales nucléaires ! Leur implantation sera ainsi rendue beaucoup plus difficile. Même le Conseil général des Mines avait rejeté l’inscription des éoliennes en ICPE lors du Grenelle 1.
Une dernière chance : le Pop Power !
Face à cette impasse électrique, faut-il se contenter d’invoquer la clémence de la météo pour éviter le black-out ? Noir, c’est noir… avec un dernier espoir : Que l’esprit de Bob Dylan souffle lors de l’adoption finale de la loi Grenelle 2, « The answer, my friend, is blowin’ in the wind ».