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Décidément, c’est un tollé.
La Commission des affaires économiques et la Commission du développement durable vont-elles se mettre à dos toutes les industries électriques, électroniques, métallurgiques, sidérurgiques et autres liées à l’éolien ?
Photo : © Christophe Mongrédien / CLER
Devant les menaces que font peser les amendements anti-éoliens sur l’avenir de l’énergie éolienne en France, la FIEEC (Fédération des Industries Electriques Electroniques et de Communication) se mobilise à son tour (après le SER et l’UFE) : « ne sacrifions pas une filière porteuse de croissance et d’emplois » déclare son communiqué.
Le communiqué de la FIEEC dans son intégralité :
« Des amendements votés au projet de loi Grenelle 2 risquent de nuire au développement d’une filière industrielle prometteuse. La Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication (FIEEC) souhaite qu’une stratégie industrielle cohérente soit déployée, au service des besoins sociétaux dont notamment l’environnement. En ce sens, elle s’inquiète de ce que les amendements votés ne se révèlent contre-productifs.
Il y a un peu plus d’un an, le Parlement, lors du vote de la loi Grenelle 1, a fixé un rôle majeur à l’énergie éolienne dans le mix énergétique de notre pays puisqu’il représente un quart de l’objectif de 23% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie à l'horizon 2020 et emploiera près de 60 000 personnes. S’ils étaient votés, les amendements au projet de loi Grenelle 2, adoptés par la Commission des affaires économiques et la Commission du développement durable de l'Assemblée Nationale mettraient en péril le développement de cette filière industrielle en pleine croissance.
Pour la FIEEC, qui promeut une stratégie industrielle au service de la croissance, une compétitivité au service de l’emploi, et l’innovation au service des marchés du futur, renoncer à développer une véritable filière éolienne industrielle française serait particulièrement dommageable, en particulièrement dans le contexte de crise que traverse notre pays.
En effet, en 2009, l’éolien est devenu la première forme de production d’électricité développée en Europe, avec près de 10 000 mégawatts de nouvelles capacités installées.
Les industriels français s’organisent pour se déployer et se diversifier sur ce marché, qui représente un véritable relais de croissance pour les industries électriques et électroniques.
La France peut se positionner comme un acteur majeur sur toute la chaîne de valeur de l’éolien, avec ses compétences industrielles notamment dans le matériel électrique, électronique, de contrôle commande, ... 10 000 salariés français travaillent déjà dans la filière et 50 000 nouveaux emplois seront créés si les objectifs du Grenelle sont confirmés et si la réglementation applicable à l’éolien permet leur réalisation.
Les industriels regroupés au sein des syndicats de la FIEEC s’inquiètent des dispositions proposées dans le projet de loi Grenelle 2, soient adoptées. En effet, elles réduiraient de plus de 60 % les potentialités d’implantations d’éoliennes alors que chacun sait que, pour se positionner à l’export, toute filière industrielle doit disposer en premier lieu d’un marché domestique. »
Edifiant.
La FIEEC n’est pas une association au service de l’environnement, mais une puissante Fédération industrielle qui rassemble 26 syndicats professionnels dans les secteurs de l’énergie, des automatismes, de l’électricité, de l’électronique, du numérique et des biens de consommation. Les secteurs qu’elle représente regroupent plus de 2000 entreprises (dont 86% de PME), emploient près de 400 000 salariés et réalisent plus de 82 milliards d’€ de chiffre d’affaires. La FIEEC est membre du GFI, du MEDEF, de l’UIMM, de la CGPME, et de l’ORGALIME.
Rien que ça.
Etrange. On a l’impression d’un décrochage. Pas le sempiternel décrochage entre le peuple et les élites rabâché à longueur d’antenne, mais un décrochage entre des parlementaires fossilisés, cramponnés à des vieux modèles énergétiques, et des entreprises soucieuses d’exploiter à fond le potentiel des énergies renouvelables. Etrange aussi : Des associations comme le WWF, la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), ou le RAC (Réseau Action Climat de France) qui défendent l’éolien, partagent pour une fois le même combat que l’industrie de l’électricité.