Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /2008 21:35


La BMW Hydrogen 7
ne rejette que de la vapeur d’eau. 

Moteur : un V12 de 6 litres, 260 chevaux et zéro émission.

Autonomie : 700 km (dont 200 en mode hydrogène, et 500 en mode essence).

 

 











Son réservoir à hydrogène à l’arrière.








C’est le premier spécimen d’une production en série qui devrait débuter en 2010 pour des modèles hybrides (hydrogène/essence), et en 2015 pour le tout hydrogène, selon BMW France. Mais vu son prix, entre 500000 et 1 million d’euros pour le modèle actuel, pas de doute que la bête sera réservée aux happy few !


Précision : Pas de pile à combustible. C’est la combustion de l’hydrogène qui fait fonctionner le moteur et propulse la voiture. Dans les véhicules qui intègrent une pile à combustible, la pile à combustible retransforme l’hydrogène en électricité et fait fonctionner un moteur électrique. Le rendement est meilleur, mais le dispositif plus complexe et plus coûteux.

 

GM mise aussi sur l’hydrogène

GM (General Motors) prévoit de vendre 1000 voitures à hydrogène avec pile à combustible en Californie entre 2012 et 2014. Le constructeur en aurait déjà fabriqué 60.

 

Problème : Quid du réseau de distribution d’hydrogène ?

Si la Californie a 25 stations d’hydrogène, l’Europe n’en compte même pas une dizaine : 5 en Allemagne et 2 en Italie. Une station mobile vient bien d’être installée à Monaco par Linde pour permettre au prince Albert d’alimenter sa nouvelle Hydrogen 7, mais c’est pas avec ça que l’on pourra ravitailler des flottes de véhicules…  

 

Les atouts de l’hydrogène

L’hydrogène a une propriété intéressante, il peut être stocké, alors que l’on ne peut pas stocker avec efficacité l’électricité (les batteries sont coûteuses et leur autonomie limitée). Avec une réserve d’hydrogène et une pile à combustible, on peut produire de l’électricité n’importe où, n’importe quand, sans être relié au réseau électrique.

   L’hydrogène est un bon complément aux EnR : Les énergies solaire et éolienne ont l’inconvénient d’être intermittentes, mais en cas de surproduction, l’électricité excédentaire peut servir à produire de l’hydrogène et quand la production est insuffisante, l’hydrogène peut à son tour être converti en électricité.

 

La production de l’hydrogène

Aujourd’hui plus de 90% de l’hydrogène (utilisé dans l’industrie chimique et pétrochimique) est produit à partir du gaz naturel. Exposé à de la vapeur d’eau très chaude, le gaz naturel libère l’hydrogène qu’il contient. Le procédé a l’inconvénient d’émettre beaucoup de CO2. Solution plus écologique: Produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau, avec de l’électricité. Celle-ci peut être elle-même produite avec des énergies renouvelables (photovoltaïque, par exemple).

 

Les limites actuelles

L’hydrogène produit à partir du gaz naturel est le procédé le moins cher, mais son prix de revient est le triple de celui du gaz naturel. Des réseaux de distribution d’hydrogène par pipelines existent déjà dans différents pays pour approvisionner les industries chimiques et pétrochimiques (environ 1050 km en France, Allemagne et au Bénélux sont exploités par Air Liquide) mais le coût du transport de l’hydrogène est environ 50% plus cher que celui du gaz naturel et une unité de volume d’hydrogène transporte trois fois moins d’énergie qu’une unité de volume de gaz naturel. Enfin, le stockage de l’hydrogène, sous forme liquide ou gazeuse, implique des contraintes et une dépense énergétique importante.

 

Les débouchés énergétiques possibles

L’hydrogène est déjà utilisé dans la propulsion des fusées. Dans ce cas comme pour la BMW Hydrogen 7, l’énergie est fournie par combustion. C’est un des carburants possibles du futur.

La société APTS, avec Hyundai, va mettre en service à Eindhoven (Pays-Bas) 2 tramway (appelés Phyléas) à hydrogène avec piles à combustible. Le 3 avril, Boeing a fait voler en Espagne pendant 20 mn un petit avion fonctionnant à l’hydrogène avec une pile à combustible. La start-up française Lisa Airplanes travaille à la réalisation d’un avion à l’hydrogène et à l’énergie solaire, l’Hy-Bird, et relèvera un défi : faire le tour du monde en 2009. Mais dans l’immédiat, aucun projet concernant les gros porteurs.

   Autre application concrète : L’hydrogène est une bonne alternative au groupe électrogène pour les alimentations de secours.

 

Naissance d’un nouveau carburant : l’Hythane®

Le projet Althytude vise à évaluer le potentiel de l’Hythane®. Ce carburant composé à 80% de gaz naturel et à 20% d’hydrogène, représente une transition intéressante vers "une économie hydrogène". C’est une initiative de la plateforme HEET ( Hydrogène et Moteur à Combustion Interne dans le Nord Pas de Calais) qui associe de nombreux partenaires dont Gaz de France, Air Liquide, H2 Développement, Horizon GPL, des universités et des organismes publics. A titre expérimental, des bus roulant à l’Hythane® sont prévus à Dunkerque et à Toulouse.

Plus d’infos : http://www.h2et.info/accueil.htm et http://www.althytude.info/




 

 

 

 

 Le nouvel espace "Hydrogène" au Palais de la Découverte à Paris. L'électrolyseur qui produit de l'hydrogène est alimenté par des panneaux photovoltaïques. L'équipe espère que la Direction des Monuments Historiques autorisera à les poser sur le toit du Palais...

Par Mijo - Publié dans : hydrogène
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