Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 16:41

Le 2 décembre, Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des Energies Renouvelables et André Joffre, Président de Qualit’ENR ont signé une convention de partenariat entre Flamme Verte et Qualibois, pour renforcer la démarche de qualité dans laquelle s’inscrit la filière des appareils de chauffage au bois domestique.  Le label Flamme Verte qui garantit des critères de performance des équipements (et de faibles émissions de CO et de particules fines) regroupe 53 industriels (fabricants de poêles, inserts, chaudières). Qualibois est un dispositif de qualité pour les installateurs qui fédère 2000 entreprises.  1500 installateurs ont suivi une formation Qualibois cette année.

 « En soutenant la formation Qualibois, les industriels signataires de la charte Flamme Verte vont contribuer  à généraliser la formation des installateurs d’appareils domestiques de chauffage au bois, et en se référant à Flamme Verte, la marque Qualibois souligne l’exigence d’utilisation d’appareils de chauffage au bois performants » souligne le communiqué commun. L’objectif, précise André Joffre, est de préparer  « l’éco-conditionnalité des aides publiques à partir du 1er janvier 2014 ». Issue du Grenelle de l’environnement, cette mesure prévoit de réserver les aides de l’Etat à ceux qui font appel à des entreprises disposant du signe de qualité « Reconnu Grenelle environnement », une mention dont bénéficient  déjà Qualit’ENR et ses différentes déclinaisons (Qualisol, QualiPV, QualiPAC et Qualibois).

 

7 millions de foyers en France sont équipés d’un appareil de chauffage au bois

Le bois énergie est la 1ère source d’énergie renouvelable dans notre pays et, avec  450 000 appareils vendus chaque année sur notre territoire, la France est également le 1er marché européen pour le chauffage au bois domestique. Environ 7 millions de ménages en France sont équipés d’un appareil de chauffage au bois et 9 millions devraient l’être en 2020. Les ¾ des ventes sont françaises, la filière industrielle emploie environ 20000 personnes, et est exportatrice, rappelle Jean-Louis Bal.  Le parc domestique est de plus en plus performant, avec un rendement moyen des appareils de 75% (le seuil minimum d’éligibilité au crédit d’impôt est de 70%), un taux d’émission de CO de 0,2%, et une division par 10 en moyenne des émissions de particules fines.

 

Un choix économiquement intéressant

Le crédit d’impôt développement durable n’ayant pas été épargné par les mesures d’austérité,  la loi de finances 2012 prévoit un coup de rabot  pour les équipements d’énergies renouvelables : De 22% en 2011 pour une 1ère acquisition (hors pose) d’un appareil de chauffage au bois (poêle, insert, chaudière, cuisinière), le crédit d’impôt descend à 17 %. De 36% en cas de remplacement, il passe à 28 %. Le crédit d'impôt est d'autre part conditionné à des critères de rendement qui seront plus exigeants en 2012 puisque seuls les appareils Flamme Verte 4 et 5 étoiles seront éligibles. Malgré tout, le chauffage au bois reste un bon plan pour faire des économies. A pouvoir calorifique équivalent, le bois revient en effet bien moins cher que les autres énergies : fioul, gaz, électricité.

 

Prix moyen de l'énergie (de janvier 2005 à janvier 2011)

 

Prix moyen de l'énergie calibré


Source : Direction Générale de l'Energie et du Climat

 

 

PCI = Pouvoir Calorifique Inférieur. Le Pouvoir Calorifique Inférieur des combustibles est la quantité totale de chaleur dégagée par la combustion.

 

Plus d'infos sur Qualibois : www.qualit-enr.org/qualibois

Plus d'infos sur Flamme Verte www.flammeverte.org

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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 16:24

 

Le biogaz peut enfin être injecté dans les réseaux de distribution de gaz naturel.

 

Voici le communiqué du Syndicat des Energies Renouvelables :

Pour la première fois, du gaz d’origine renouvelable va pouvoir être injecté dans les réseaux de distribution français. Le dispositif réglementaire, attendu depuis de longs mois, est paru au Journal Officiel.

Une orientation majeure issue des réflexions menées durant Grenelle de l’environnement voit le jour. Le biométhane (biogaz épuré) produit à partir de la fermentation de matières organiques (déchets urbains, industriels, agricoles, agroalimentaires, sous-produits organiques…) va désormais pouvoir être directement injecté dans le réseau de transport et de distribution du gaz naturel. Les huit textes réglementaires (quatre décrets et quatre arrêtés) nécessaires à la mise en place du dispositif d’injection ont été publiés les 22 et 24 novembre concrétisant les engagements pris en début d’année par Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre en charge de ces questions.

Possible chez un certain nombre de nos voisins européens (Allemagne, Suède, Suisse…), l’injection du biogaz va devenir une réalité en France. Elle offre à la filière biogaz, qui représente aujourd’hui un peu moins de 3% des énergies renouvelables produites, de nouvelles opportunités de développement. Les quelques 600 000 tep (tonnes-équivalent-pétrole) de biogaz produites dans notre pays*, sont pour l’heure valorisées sous forme de production d’électricité et/ou de chaleur, voire sous forme de carburant.

La France s’est fixé pour objectif de multiplier par quatre la production d’électricité (625 MW en 2020) et par sept de la production de chaleur (555 000 tonnes-équivalent-pétrole en 2020) à partir de biogaz d’ici la fin de la décennie. L’objectif de production de chaleur intègre les volumes de biogaz injectés.

Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et sa commission biomasse (FBE, France Biomasse Energie) se félicitent de l’officialisation du cadre réglementaire relatif à l’injection du biogaz. Grand pays agricole et agro-alimentaire, la France dispose d’un abondant gisement de matières premières et de déchets susceptible d’alimenter une filière énergétique importante.

* Estimation – Bilan énergétique de la France pour 2010 / Ministère de l’Ecologie-CGDD (juin 2011)

France Biomasse Energie (FBE) est la branche biomasse du Syndicat des énergies renouvelables. FBE rassemble les acteurs économiques des filières de valorisation énergétique de la biomasse (bois énergie, méthanisation, biocarburants) pour les secteurs de l’industrie, du collectif et du tertiaire. Le conseil d’administration de FBE est composé de Cofely, Coop de France, Cristal Union, Dalkia, EDF-Energies Nouvelles, GDF-Suez, Office national des forêts, Saria Industries, Union de la coopération forestière française.

Source : SER

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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 10:08

 

Pour financer des projets locaux d’énergies renouvelables (comme BégaWatts, un parc éolien citoyen de 8 MW à Béganne, Morbihan) et d’économies  d’énergie (comme Fourminergie, une rénovation énergétique portée  par un collectif d’habitants de Gradignan), Energie Partagée vient de lancer officiellement, via son outil financier Energie Partagée Investissement,  un appel à souscription. 

On peut souscrire directement en ligne (sur www.energie-partagee.org ) ou par courrier jusqu’au 19 septembre 2012. Le montant de l’action est de 100 € (+ frais de gestion,  dégressifs selon les volumes) et l’investissement ne donne pas droit à une déduction fiscale. Il est conseillé de conserver les actions pendant 10 ans au moins pour obtenir  un rendement d’environ 4% par an. Il n’y a pas de dividende et une plus-value de cession ne peut être envisagée qu’au terme d’une période d’au moins 7 à 8 ans. S’il est possible de choisir de financer un projet en  particulier (tel parc solaire par exemple), le fonds  va mutualiser le rendement des projets. L’actionnaire sera régulièrement informé de son investissement et de l’avancée des réalisations qu’il soutient. Energie Partagée, qui a reçu le visa de l’AMF, veut  lever un montant de 3 millions d’€ en nominal sur cette opération.

 

Un investissement risqué ?

Compte tenu des conditions, à première vue,  le placement relève plus d’un choix citoyen et militant que d’un pur produit d’investissement. Ce qui n’en fait pas nécessairement un mauvais plan. Après tout, investir dans des mines qui s’épuisent, des énergies fossiles proches du pic, c’est beaucoup plus risqué que d’investir dans les énergies renouvelables, soulignait Bernard Laponche, présent à la conférence de presse.  

D’autre part,  à l’heure où l’on redoute les produits toxiques dans son portefeuille et où il est prudent de diversifier ses placements, celui-là a au moins le mérite  d’être bio et transparent. Les investisseurs sur les marchés ne sont pas très différents des particuliers qui achètent des légumes sur le marché, ils préfèrent les produits sains aux articles frelatés. Pour preuve,  l’opération est déjà un succès : Depuis l’obtention du visa de l’AMF le 20 septembre,  Energie Partagée, par le seul bouche à oreille, a récolté 125 000 € via les souscriptions d’une centaine de personnes. Bilan : De 1 100 000 € au départ, le capital d’Energie Partagée Investissement est passé maintenant à 1 225 000 €.

 

L’eau, le soleil, le bois, le vent : Des biens communs

Christel Sauvage, Présidente de l’Association Energie Partagée, a rappelé en introduction l’origine du projet « qui a des racines anciennes éparpillées dans les territoires » et son objectif  « travailler à la réappropriation citoyenne de l’énergie », à partir d’un constat : « Le citoyen, privé de débat public,  est tenu à l’écart de la  politique énergétique. On ne nous a pas demandé notre avis (…). L’eau, le vent, le soleil sont des biens communs qui sont dans nos territoires (…) autant que les bénéfices de ces richesses restent dans les territoires». Energie Partagée veut « sortir l’offre énergétique de la sphère spéculative »  pour que les coûts «restent  accessibles et démocratiques », et inciter  à réfléchir aux moyens de production d’énergies renouvelables et aux économies d’énergie dans le cadre d’une démarche qui s’inscrit dans celle de Négawatt. Les projets locaux sont nombreux mais se heurtent à un écueil majeur, propre au contexte français, la difficulté à lever des fonds auprès  des particuliers. Alors qu’en Belgique, ce  type d’opération est assez simple et, qu’au Danemark un parc éolien au large de Copenhague, a été financé par plus de 1000 coopérateurs, en France, il faut avoir un agrément de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) pour lancer un appel public à l’épargne.  La démarche est coûteuse (elle s’est chiffrée à environ 100 000 € pour Energie Partagée) et difficilement accessible aux petits producteurs d’énergies renouvelables auxquels Energie Partagée peut fournir maintenant  un relais.

 

Le 1er parc éolien citoyen devrait tourner l’été 2012

Si on a découvert il y a quelques jours « les indignés du nucléaire », on ne peut manquer de saluer cette fois « les motivés des ENR ». Les uns sont tapageurs, les autres parfaitement  zen.

Toutes les pesantes contraintes réglementaires imposées depuis peu à l’éolien n’ont pas enlevé sa sérénité à Michel Leclercq, le Vice-Président d’Eolienne en Pays de Vilaine, « notre projet murit depuis 2003, on a déjà connu plusieurs gouvernements. La réglementation a changé, elle changera » dit-il philosophe. L’association Eolienne en Pays de Vilaine (EPV) regroupe aujourd’hui 200 membres et porte plusieurs projets de parcs éoliens dont un parc éolien citoyen à Béganne (Morbihan) de 4 éoliennes de 2,05 MW chacune de Repower.  Hormis Vergnet, spécialisé dans les éoliennes de moyennes puissances et plutôt sur le créneau des zones cycloniques, il n’y a hélas pas de constructeurs français d’éoliennes, souligne Michel Leclercq.  Objectif du parc : « Maîtriser localement un gisement de vent et utiliser une partie des revenus pour inciter  et accompagner les riverains à économiser l’énergie, répartir les richesses produites et essaimer l’expérience ». Pour financer l’opération et garder la maîtrise de la démarche, EPV a créé une SARL, Site à Watt, et une SAS, BegaWatts , pour la partie construction et exploitation. Les autorisations ont été obtenues en 2009 et 2010, la construction devrait commencer en février 2012 pour une mise en production l’été prochain.  BegaWatts, qui a ouvert son capital le 25 novembre, a recueilli près d’un million d’euros auprès de 46 clubs d’investissement locaux de type Cigales. Energie Partagée Investissement, dont  EPV est membre fondateur, participera au capital à hauteur de 500 000 € (en apport sur capital et en obligation) sur un montant de fonds propres de 2,9 M€ et un coût total de 12 M€. Le reste du capital est apporté par EPV, Site à watt, des particuliers, des entreprises de l’économie sociale, et, probablement, la région Bretagne.

 

La 1ère centrale photovoltaïque française fête ses 20 ans en 2012

En 1991, l’association Phébus (aujourd’hui HESPUL, membre de Solira société rhône-alpine fondatrice d’Energie Partagée) lançait une collecte pour financer le premier toit photovoltaïque français raccordé au réseau.  150 personnes ont participé,  et la production a démarré en juin 1992. Installé à quelques dizaines de kilomètres de Superphénix, il a produit plus d’électricité que le surgénérateur nucléaire et fêtera bientôt ses 20 ans. « Nous avons gagné notre pari » a dit Marc Jedliczka. Il a révélé avec enthousiasme que HESPUL avait d’autres projets dans ses cartons dont un projet photovoltaïque citoyen sur le plateau d’Albion, site qui a longtemps servi au stockage de  missiles nucléaires.  Si ça, c’est pas de la transition énergétique...

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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 11:04

Energie Partagée, qui veut lever des capitaux auprès des citoyens pour financer des projets d’énergies renouvelables locaux, présentera au public à Paris le 29 novembre son outil d’investissement.  Le but  :  Répondre «aux impasses du modèle énergétique actuel »  et aider à financer des installations (à base d’éolien, solaire, petit hydraulique, biomasse) et des projets d’efficacité énergétique « portés par des structures locales et solidaires ». A l’image d’ Eolienne en Pays de Vilaine, des initiatives lancées par des citoyens, usagers, entrepreneurs, élus,  se sont multipliées ces dernières années et sont à la recherche de capitaux. Energie Partagée, qui a reçu fin septembre 2011 le Visa de l’Autorité des Marchés Financiers pour collecter l’épargne locale des particuliers, entend leur procurer un levier de financement.

 

La présentation sera faite par les fondateurs d’Energie Partagée (dont Jean-Marc de Boni, Président du Directoire de  La Nef, et Christel Sauvage présidente d’Energie Partagée).  Bernard Laponche, expert en questions énergétiques, fera une introduction sur  le thème « Transition énergétique et appropriation citoyenne » et une table ronde traitera des projets citoyens dans les ENR (avec la participation de Philippe Vachette, fondateur Solira Investissement, Marc Jedliczka de Hespul  et Michel Leclercq, Vice-Président d’Éolienne en Pays de Vilaine).

 

Horaires et Lieu : Le 29 novembre  de 14h à 17h à l’AGECA  177 rue de Charonne 75011 Paris (M°Alexandre Dumas).

Inscription obligatoire à contact@energie-partagee.org Tél : 01.80.18.92.21 // 0811 25 00 16

Programme détaillé sur http://www.energie-partagee.org/reunion-publique-paris-le-29-novembre

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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 09:11

Ce blog reprend avec une bonne nouvelle, la perspective d’un avenir avec moins de MOX et plus d’énergies renouvelables :  Enercoop compte maintenant plus de 10000 clients et la montée en charge de la coopérative qui s’approvisionne exclusivement en ENR est bien le signe que  la  transition énergétique fait doucement son chemin.

 

Voici le communiqué d’Enercoop :

« Avec un rythme de 500 nouveaux contrats par mois et le cap des 10 000 clients dépassé ce mois-ci, la coopérative Enercoop est en train de passer à une nouvelle échelle.

Le projet Enercoop progresse aujourd'hui plus que jamais en direction d'un modèle énergétique décentralisé, basé sur les énergies renouvelables et la maîtrise de la consommation.

 Cet automne 2011 a ainsi vu le lancement d'Enercoop Nord Pas-de-Calais, troisième coopérative régionale Enercoop, qui suit les pas des régions Champagne-Ardenne et Rhône-Alpes. D'autres coopératives sont en préparation en Languedoc-Roussillon, Bretagne et PACA.

 Enercoop est également à l'origine d'Energie Partagée ; cette structure lance ce mois-ci un fonds, grâce auquel particuliers et personnes morales peuvent financer des projets d'installation d'énergie renouvelable et de maîtrise de l'énergie en France. Ces financements auront comme vocation de soutenir des projets au niveau local développés par des citoyens, des collectivités et des associations.

Ce nouvel outil s'articule en complémentarité avec l'action des coopératives régionales Enercoop, dans l'objectif de favoriser dans les territoires l'appropriation citoyenne de l'énergie et le développement d'une activité économique créatrice d'emplois durables ».

 

Le mercredi 30 novembre, Enercoop marque l'événement et organise une conférence « Enercoop en marche vers la transition énergétique. Enjeux et solutions ». Inscriptions sur le site : www.enercoop.fr

 

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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 10:23

L’association négaWatt  a présenté hier à Paris un nouveau scénario énergétique pour la France. Il s’appuie sur une forte réduction de la demande en énergie primaire (de 65% par rapport à 2010) et un essor des énergies renouvelables amenées à  couvrir plus de 90% de nos consommations énergétiques en 2050. Les économies d’énergies et l’efficacité énergétique représentent  les 2/3 de l’effort, mais sans se priver ni tomber dans l’austérité mormone. Performances énergétiques des bâtiments, transports collectifs astucieux, éco-conception des produits, font partie des choix  qui permettront d’y arriver. « Si on veut passer à une société sans carbone, il faut travailler d’abord sur la maîtrise de l’énergie » a précisé Thierry Salomon, Président de négaWatt.

 

Sortie du nucléaire en 2033

Ce nouveau scénario repose sur les 3 mêmes piliers que le scénario précédent (2006) : sobriété, efficacité et priorité aux énergies renouvelables. Il est néanmoins plus affiné et prévoit une sortie du nucléaire en 2033 (alors qu’elle était prévue au-delà de 2040 dans le précèdent). NégaWatt n’a pas de « religion anti-nucléaire » déclare Thierry Salomon,  mais sa démarche part d’un constat : Le nucléaire ne s’inscrit pas dans «un développement soutenable », il représente davantage « un fardeau et des charges pour les générations futures qu’une rente et des bienfaits ».

 

Vers la transition énergétique

Concernant le recours aux énergies renouvelables, négaWatt envisage « un développement réaliste », et déclare s’appuyer  notamment « sur une estimation prudente des potentiels et sur le retour d’expérience industrielle tiré des programmes passés en France, mais surtout des réussites observées à l’étranger ».

 

Les objectifs ENR du scénario négaWatt  pour 2050 sont beaucoup plus ambitieux que ceux du scénario 2006. Voici les principaux : 

 

- Un triplement de l’utilisation de la biomasse sous toutes ses formes à l’horizon 2050 qui permet, avec 519 TWh, de couvrir plus de 45% des besoins en énergie primaire.

- Un rattrapage dans le domaine de l’éolien terrestre avec une multiplication par 3,5 de la puissance installée d’ici 2020 puis encore par 2 avant 2050 avec un total de 17500 machines installées. Le développement de l’éolien offshore, d’abord avec des machines fixées sur des fondations à faible profondeur, puis sur des plateformes ancrées pour un accès aux zone plus ventées, est plus tardif. Mais, à terme, l’éolien offshore représentera, avec seulement 4300 machines de forte puissance, presque la moitié des 194 TWh produits en 2050.

- Le photovoltaïque atteindra à terme une production de 90 TWh, avec une majorité d’installations sur des bâtiments,  le reste sur des parcs au sol sur des terrains n’entrant pas en concurrence avec d’autres usages (sols pollués, abords d’infrastructures de transport, etc…).  « Dans moins de 10 ans, le PV est compétitif en France » précise Marc Jedliczka, Directeur Général d’Hespul et membre de négaWatt.

- Parmi les autres sources renouvelables : la géothermie, et le solaire thermique sont appelés à se développer.

 

Avec un tel virage : En 2050, la ressource d’énergies renouvelables sur le territoire se monte à plus de 990 TWh sur un total de 1100 TWh de besoins en énergie primaire.  La France du scénario négaWatt, avec plus de 90 % d’énergies renouvelables, a réussi sa transition énergétique.

 

Dans ce scénario, le gaz sert de variable d’ajustement jusqu’au déploiement des ENR (ce qui est assez similaire au scénario énergétique allemand) « mais il n’est pas plus utilisé qu’aujourd’hui »  a précisé Thierry Salomon, et la production de CO2 n’augmente pas pendant la trajectoire.

 

Biogaz  et méthane ont aussi un rôle important, notamment pour un usage dans les transports (camions). Marc Jedliczka a évoqué un procédé de méthanisation (sur lequel travaille déjà l’Allemagne) qui permet de stocker l’électricité.  Schématiquement : On utilise les surplus d’électricité pour produire de l’hydrogène  transformée ensuite en méthane. Puis, on stocke ce méthane dans notre réseau de gaz naturel  (100 TW de capacité), ce qui permet de remplir nos tuyaux et d’éviter d’acheter notre gaz ailleurs.

 

Redonner le pouvoir aux collectivités locales

Pour réaliser ce scénario, négaWatt préconise la création d’une « Haute Autorité de la Transition Energétique », différente de la CRE « aux ordres du corps des Mines et des grands opérateurs », et veut redonner des pouvoirs aux collectivités locales, éventuellement à travers « une loi d’orientation ». « Il est actuellement impossible de  développer un réseau de chaleur bois dans une petite ville » a déclaré Marc Jedliczka « Les réseaux appartiennent  aux collectivités mais elles n’ont aucun pouvoir dessus, elles n’arrivent même pas à obtenir des comptes de résultat ».

 

Ça coûte combien ?

Le scénario n’est pas chiffré, mais en réponse à Bernard Bigot (Haut-commissaire à l’énergie atomique) qui a affirmé récemment (dans Le Figaro) que la sortie du nucléaire coûterait 750 Milliards d’€, Yves Marignac déclare que le projet négaWatt permet d’économiser 25 Milliards d’€ par an pendant 30 ans, soit 750 milliards d’€, sur la facture énergétique annuelle de la France (de 60 Milliards d’€ actuellement) et donc de dégager cet investissement pour les renouvelables.

Le coût du scénario serait également contrebalancé par les emplois créés, de l’ordre de 600000 à l’horizon 2020 (chiffre net, correspondant au différentiel entre emplois créés et emplois détruits).

 

Le scénario  http://www.negawatt.org/association.html

 

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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 10:13

 

Les citoyens pourront enfin investir plus facilement dans les énergies renouvelables locales.

 

Après plusieurs mois d’instruction, l'AMF (autorité des marchés financiers) a donné le 20 septembre son feu vert à Énergie Partagée Investissement pour collecter des souscriptions citoyennes afin de développer parcs éoliens, installations solaires, autres énergies renouvelables et solutions d’économie d’énergie.

 

Le communiqué d’Energie Partagée précise :

« Le visa n°11-417 du 19 septembre 2011 ainsi délivré par l'AMF est l'aboutissement du travail acharné des fondateurs d'Énergie Partagée, mobilisés depuis plusieurs années pour la réappropriation citoyenne des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie.

L'offre au public de titres financiers (anciennement nommée « appel public à l'épargne ») proposée par Énergie Partagée s’inscrit dans la perspective de l’économie solidaire* et non spéculative, et concerne les projets dont l’éthique répond aux critères de la Charte Énergie Partagée.

Énergie Partagée Investissement est donc un outil au service des acteurs locaux qui souhaitent une contribution pour le financement de leurs projets citoyens de production d'énergie renouvelable et d'économie d'énergie.

Ce fond citoyen s'adresse à tous - particuliers, personnes morales – et se veut accessible (100 € une action), pour contribuer activement à la nécessaire transition énergétique, dans un cadre rigoureux, efficace et transparent.

Des projets citoyens sont déjà en instruction pour être éligibles au financement Énergie Partagée : parcs éoliens en Bretagne et dans les Ardennes, photovoltaïque, méthanisation … de nombreux projets qui pourront voir le jour avec le soutien des souscriptions à Énergie Partagée Investissement ».

 

*En mai 2011, Énergie Partagée Investissement a reçu l'agrément « entreprise solidaire ».

 

Quelques infos sur l’origine d’Energie Partagée :

http://www.colorwatt.com/article-energie-partagee-veut-encourager-les-enr-participatives-53678898.html

 

Le site d’Energie Partagée : www.energie-partagee.org

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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 10:29

Suite à l’appel d’offres récent lancé par le gouvernement  pour des centrales solaires supérieures à 250 kW, Enerplan réagit en dénonçant « un cadre complexe pour achever un secteur moribond ».

 

Voici le communiqué :

 

« Les membres d’Enerplan, alors qu’ils étaient réunis en Assemblée Générale le 15 septembre dernier, ont pris connaissance de l’appel d’offres pour des centrales solaires supérieures à 250 kW et pour un volume total de 450 MW (dont 412,5 MW de photovoltaïque) d’ici à 2014. Cet appel d’offres qui a été présenté par le gouvernement comme un « pacte de confiance » avec la filière, se révèle être une nouvelle mesure administrative complexe pour achever un secteur moribond.

La nouvelle politique photovoltaïque mise en œuvre depuis 2011, était censée limiter les volumes et structurer l’offre industrielle française. Tels étaient les éléments de langage gouvernementaux en guise de vœux pieux. Dans la réalité, cette politique asphyxie la filière. Les PME et les PMI du solaire photovoltaïque sont étrillées par un cadre administratif vicieux et complexe. Le marché accessible aux tarifs d’achat est en train de s’éteindre progressivement. Les marchés ouverts par appel d’offres (100 à 250 kW, et > à 250 kW) sont quasiment inaccessibles pour les PME et les PMI, et l’activité induite ne se concrétisera pas avant 12 à 18 mois.

Cet appel à projets pour des centrales solaires supérieures à 250 kW est un nouvel avatar de mesures à l’encontre des PME et des PMI solaires. Si quelques-unes pourront avoir la chance de s’impliquer dans un partenariat avec de grands opérateurs pour une offre qui serait retenue d’ici à l’été 2012, beaucoup ne survivront pas à la décroissance du marché décrétée par les pouvoirs publics. Avec plus de 1 000 emplois par mois supprimés dans le secteur photovoltaïque français, les indicateurs sont au rouge. Avec déjà 10 000 emplois perdus sur les 25 000 que comptait le secteur à fin 2010, la jauge « emplois solaires en France » sera sans nul doute morbide d’ici à mai 2012.

Alors que la campagne présidentielle proposera un débat sur la politique énergétique française, que la compétitivité de l’électricité photovoltaïque interviendra en France avant 2017 et que la courbe d’apprentissage du bâtiment à énergie positive est à parcourir, Enerplan espère convaincre les équipes en campagne que le secteur photovoltaïque est à même de créer 100 000 emplois en France d’ici à 2020.

A très court terme, sans espérer des changements radicaux dans la politique actuellement mise en œuvre, Enerplan demande que le tarif d’achat, accessible par les porteurs de projets sans passer par les appels d’offres, soit étendu à des projets jusqu’à 250 kW avec une structure tarifaire régionalisée. Il en va de la survie de nombreuses PME et PMI du secteur. Celles qui disparaissent hypothèquent l’avenir d’une filière importante pour la croissance économique verte en France ».

Source : Enerplan

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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 22:38

Parterre-de-fleurs--paysage-.jpg                                                             Photo : Colorwatt

 

Pour reprendre ce blog, je préfère commencer par de bonnes nouvelles.

Le Japon a adopté une loi en faveur des énergies renouvelables avec tarif d’achat pour l’énergie éolienne et géothermique. Une nouvelle politique énergétique sera définie d’ici  l’été 2012 pour un horizon à 2030. But : « réduire autant que possible la part de l’électricité d’origine  atomique » au profit des énergies vertes et renouvelables. Une manifestation géante pour l’arrêt du nucléaire a rassemblé aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de citoyens à Tokyo.

 

La Grèce va construire plusieurs  parcs solaires d’une capacité  totale de 458 MW avec  plus  de 700 emplois à la clé,  très attendus dans un contexte économique déprimé. D’autre part, le projet Hélios prévoit  le développement d’installations photovoltaïques sur 20 000 hectares pour exporter de l’électricité vers l’Allemagne. La production grecque d’énergie solaire passerait alors de 206 MW en 2006 à 2,2 GW en 2010 et 10 GW en 2050. L’opération est susceptible de générer 60000 emplois.


 Siemens abandonne le nucléaire pour investir dans les renouvelables et devenir un leader des énergies vertes. L’entreprise a les moyens de ses ambitions. Siemens a révisé à la hausse ses prévisions de résultat pour l’exercice 2011, « à au moins 7,5 milliards d’euros », selon Peter Löscher, Président du Directoire de Siemens. Dans l’éolien, Siemens a remporté en juin dernier un contrat de 700 millions d’€ pour plus de 100 éoliennes off-shore en Mer d’Irlande (projet West of Duddon Sands).

 

Et en France, où en sommes- nous ?

 

A part la mise en service par EDF de la 1ère hydrolienne en Bretagne (qui inaugure un parc de 4 machines destinées à fournir de l’électricité à environ 3000 foyers fin 2012), c’est pas très joyeux.

Le classement ICPE des éoliennes (critiqué par les professionnels, des élus, des citoyens et soutenu par une poignée de parlementaires has been) est entré en vigueur fin août.  Il a renforcé les contraintes d’installation des éoliennes (qui pourtant ne produisent ni CO2 ni déchets radioactifs !). No comment.

Suite au moratoire et aux mesures brutales contre le solaire, 10000 emplois ont été perdus dans la filière et plusieurs entreprises ont déposé le bilan (une cata !). Les  bonnes idées  n’étant pas encore interdites, TPAMPS (Touche Pas A Mon Panneau Solaire) a dégainé un « plan B » : www.planbenr.fr

Le secteur des ENR est bloqué. Mais, peut-être plus pour très longtemps, gardons la foi...  Les français sont favorables au développement des énergies renouvelables et une majorité d’entre nous (77%) souhaitent  l'arrêt rapide ou progressif (sur 25 ou 30 ans), du programme nucléaire (sondage Ifop pour le Journal du Dimanche de juin 2011). Un sujet incontournable pour les élections de 2012.

 

En attendant de revenir avec plus de précisions sur certaines infos, voici quelques rendez-vous importants :

Le scénario négaWatt 2011 sera présenté publiquement le 29 septembre lors d'une conférence / débat à l’Espace Reuilly, 21 rue Hénard, Paris 12ème (14h30-18h). Entrée gratuite mais inscription requise http://www.negawatt.org/sortie-du-scenario-negawatt-2011-p59.html

« Eolien : les raisons d’un engagement » , c’est l’intitulé de la 2ème édition du colloque national éolien organisé par le Syndicat des énergies renouvelables et sa branche éolienne, France énergie éolienne. Il se tiendra le 18 octobre  au Palais des Congrès de Dijon. Un forum des métiers de l’éolien, le 19 octobre, au même endroit, permettra des rencontres entre les industriels de la filière et les étudiants et les demandeurs d’emploi.

Les 1ères rencontres Windustry France (groupe d’entreprises françaises ayant des compétences dans l’éolien) se tiendront les 7 et 8 décembre à Amiens. Organisateurs : Le SER-FEE,  la préfecture de la région Picardie, le Conseil régional de Picardie, le Conseil général de la Somme , en collaboration avec les industriels de la filière éolienne. La Picardie est aujourd’hui la première région de France en termes de puissance éolienne installée et son schéma régional éolien, particulièrement ambitieux, prévoit 2800 Mégawatts (MW) en 2020.

Pour ces 2 derniers évènements, renseignements complémentaires sur http://fee.asso.fr

Par Mijo - Publié dans : énergies renouvelables - Communauté : L'architecture durable
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 00:24

manif-11-juin-avenir-non-irradie.jpg

                                                                    Un message de la manif du 11 juin à Paris

 

Après l’Allemagne, première puissance économique européenne, qui a décidé le 30 mai de fermer tous ses réacteurs nucléaires en 2022, la Suisse qui a annoncé l’abandon du nucléaire à l’horizon 2034, l’Italie, dont les citoyens viennent d’être consultés par référendum, s’est prononcée massivement (à hauteur de 95% des votants !) contre le retour du nucléaire.

Et les citoyens français, à qui on ne demande toujours pas leur avis sur la question, sont-ils si différents des suisses, des allemands et des italiens ?  

manif-11-juin-manga-nuke-1.jpg

                                                                        Un dessin qui vaut bien un discours

 

Un défi  mobilisateur en France aussi

La manifestation anti-nucléaire du 11 juin organisée par Sortir du Nucléaire Paris, Attac France et Echo Echanges ONG France Japon a réuni plusieurs milliers de participants à Paris. Elle a été rythmée par des concerts (avec la participation de groupes  japonais)  et des prises de parole d’experts, de personnalités  politiques (dont Martine Billard, Aurélie Filippetti, Yannick Jadot) et d’un représentant d’Enercoop, Jon Sofier, qui a expliqué le fonctionnement coopératif du fournisseur d’énergies 100% renouvelables.

 

manif-11-juin-demantelons--creons-des-emplois.jpg

                                                              Sortir du nucléaire, c'est aussi créer des emplois

Par Mijo - Publié dans : opinions - Communauté : L'architecture durable
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