Vendredi 23 avril 2010
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Le rapport Ollier a
réussi à déclencher une levée de boucliers. 4 députés ont refusé de le signer : Philippe Plisson a démissionné de son poste de co-rapporteur, Philippe Tourtelier, Frédérique Massat et
Catherine Coutelle l’ont suivi. Le SER (Syndicat des Energies Renouvelables) est monté au créneau avec une étude de CapGemini Consulting montrant l’intérêt de l’éolien pour la relance de
l’industrie. Maintenant, c’est l’ Union Française de l’Electricité qui est vent debout contre le rapport Ollier !
© Christophe Mongrédien / CLER
Bouin
(85230)
Voici le communiqué de l’UFE :
« Trop de contraintes pour
l’éolien
ou comment faire échouer le
Grenelle Environnement »
« Alors même que l'éolien est une énergie mature, qui doit représenter un quart de l’objectif de 23%
d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie du Paquet Energie Climat à l'horizon 2020, les amendements adoptés par la Commission des affaires économiques et la Commission du
développement durable de l'Assemblée Nationale au projet de loi « Grenelle 2 » sont de nature à compromettre fortement le rythme de développement de l'éolien.
L'UFE rappelle d’une part, que les projets éoliens sont d'ores et déjà soumis à de nombreuses
procédures (ZDE, étude d'impact, enquête publique, permis de construire....), et d’autre part, que la
réalisation d'un projet prend près de 5 ans entre son initiation et sa mise en service.
Dès lors, l'UFE s'oppose :
• à l'application du régime ICPE à l'éolien, que ne justifient pas les caractéristiques de
cette
forme de production d'électricité ;
• à la construction de schémas régionaux qui ne seraient pas encadrés par des prescriptions
assurant, entre autres, la cohérence avec les objectifs nationaux et, plus largement, avec les
ambitions du Grenelle de l’Environnement ;
• à l'instauration d'un seuil minimal de 15 MW qui conduirait à supprimer plus de la moitié des projets en
cours, et obérerait gravement l'avenir de l'éolien en France. L'UFE souligne que ce seuil déséquilibre économiquement la filière, tout en dégradant les conditions environnementales d'implantation
des éoliennes.
L'UFE s'étonne de la discrimination qui serait ainsi apportée à la filière éolienne, en la soumettant à
quatre niveaux de réglementation administrative. Elle regrette les conséquences que de telles dispositions, si elles étaient adoptées, auront nécessairement sur l'emploi. L'UFE rappelle que,
d'ores et déjà, la filière emploie 10 000 personnes et que le potentiel de création d'emplois
est important, notamment dans l'industrie mécanique et métallurgique déjà durement touchée par la crise ».
L’Union Française de l’Electricité représente plus de 500 professionnels de l’électricité (producteurs,
gestionnaires de réseaux, fournisseurs d’électricité…) parmi lesquels EDF, EDF EN, RTE, GDF-Suez, Poweo, France Hydro Electricité.
Eole doit-il saisir la
Halde ?
La « discrimination » envers l’éolien dénoncée par l’UFE, est bien réelle.
« L’acceptabilité sociale » systématiquement pointée à propos de l’éolien, n’est jamais évoquée à
propos des autres moyens de production d’énergie et infrastructures. Quid de l’acceptabilité sociale des lignes THT, des EPR, des centrales au fioul, des terminaux charbonniers et
méthaniers ?
Alors que des amendements au projet de loi « Grenelle 2 », inspirés
du rapport Ollier, veulent durcir les conditions d’implantation des éoliennes, un amendement dans le Grenelle 2 propose, lui, de supprimer la procédure d'enquête publique pour les demandes
d'augmentation des rejets radioactifs et chimiques et des prélèvements d'eau des installations nucléaires.
La loi Grenelle 2 sera examinée à partir du 4 mai à l'Assemblée. Va-t-elle
bloquer un moyen de production d'énergie verte et ouvrir les vannes des rejets radioactifs dans l'environnement ?