Mercredi 30 juillet 2008

 

Plutôt en sortir avant la catastrophe. 5 incidents en 3 semaines. On frise l’overdose.

 

1er incident le 7 juillet à la Socatri, filiale de retraitement d’Areva, sur le site de Tricastin (Vaucluse). Environ 74 kilos d'uranium sont rejetés dans les rivières de la Gaffière et du Lauzon, après une fuite lors du nettoyage d'une cuve de rétention. Des puits de particuliers et certaines zones de la nappe phréatique s’avèrent contaminés. La cause pourrait être un dépôt ancien de déchets radioactifs révélé par la CRIIRAD.   

 

2ème incident le 17 juillet, à Romans-sur-Isère (Drôme). Une fuite d'effluents radioactifs s’est produite à la CERCA (Compagnie pour l’Etude et la Réalisation de Combustibles Atomiques) une usine d’Areva, spécialisée dans la fabrication d’éléments combustibles pour les réacteurs nucléaires de recherche français et étrangers. Constat inquiétant : Une canalisation en PVC, endommagée, fuyait déjà depuis un certain temps.

 

3ème incident le 18 juillet, sur un chantier de maintenance de la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère). 15 employés sont contaminés par des radioéléments.

 

4ème incident le 23 juillet à la centrale de Tricastin : 100 salariés sont « légèrement contaminés » par des particules radioactives échappées d'un tuyau dans le bâtiment d'enceinte du réacteur 4 arrêté pour maintenance.

5ème incident encore à Tricastin, le 29 juillet, un échappement de poussières radioactives dans le réacteur 4 (toujours le même). 127 employés sont évacués, 45 sont envoyés à l’infirmerie. 2 se révèlent «légèrement contaminés » après un examen médical. Il paraît que cette fois, ce n’est rien du tout. C’est juste une alarme qui s’est déclenchée de façon intempestive.

 

L’incident est-il clos ? Rien n’est moins sûr. Souhaitons qu’il ne tourne pas au drame.

 

Pour les vacances aux bioénergies, mieux vaut éviter la vallée du Rhône et ses centrales nucléaires qui fuient. Hélas, les produits locaux risquent de souffrir aussi. L’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) des vins des Coteaux du Tricastin veut changer de nom avant la récolte 2009 pour rehausser son image dégradée par « les incidents ».

 

Nos voisins misent sur l’éolien :

 

L’Allemagne prévoit de construire 30 parcs éoliens en mer du Nord et en mer Baltique d’ici 2030. A cette date, 25000 MW proviendront de l’énergie éolienne. La construction de 2000 éoliennes en mer devrait fournir dans un premier temps une capacité de 14000 MW d’électricité. Les 1ères installations seront dressées cette année au large de l’île de Borkum en mer du Nord. Wolfgang Tiefensee, Ministre des Transports et de l’Urbanisme, a déclaré au quotidien Welt am Somtag « Nous misons sur les énergies renouvelables et non pas sur le nucléaire ».  Selon lui, l’intérêt des investisseurs prouvent la rentabilité économique de ce type d’investissements.

 

La Grande-Bretagne a adopté un plan massif de développement dans les énergies renouvelables, de 126 milliards d’€ sur 12 ans. 7000 turbines éoliennes devraient être érigées à travers le pays d’ici 2020, dont 4000 à terre et 3000 en mer. L’ensemble représentera une puissance de 33 GW. Selon la BWEA (British Wind Energy Association), 5 ans devrait suffire pour que l’énergie éolienne dépasse la capacité de l’énergie nucléaire en GB.

 

 

La France fait tout pour freiner le déploiement des éoliennes  :

 

Les pouvoirs publics veulent soumettre par décret les parcs éoliens à la procédure d'autorisation des «installations classées pour la protection de l'environnement » (ICPE) qui encadre les équipements présentant les dangers et les risques de pollution les plus importants. Si ce projet aboutissait, une seule éolienne de 2 MW serait soumise à des contraintes et à des pénalités financières équivalentes voire supérieures à celles d'une centrale thermique (gaz, charbon ou fioul) de 500 à 1 000 MW ! La France aurait la législation la plus contraignante au monde pour l’éolien

 

Pour charger encore la barque, un rapport de Vincent Le Biez, «Eoliennes : nouveau souffle ou vent de folie ?», diffusé par l’Institut Montaigne, estime que le développement de l’éolien en France entraînerait « des surcoûts pour les consommateurs pouvant dépasser 2,5 milliards d’euros par an à horizon 2020 ».

 

Mais le rapport a zappé un avantage concurrentiel : les éoliennes ne produisent ni déchets radioactifs ni fuites d’uranium. Avec le temps, la facture nucléaire s’alourdit. Il faut intégrer le surcoût des « incidents » : l’indemnisation des agriculteurs qui perdent leurs récoltes par interdiction d’arrosage, celle des propriétaires de gîtes qui n’ont plus de clients et des possesseurs de puits inutilisables; auxquels il faut ajouter les coûts de stockage et de gestion des déchets radioactifs pendant des milliers d’années…

 

... Mais le vent souffle et les éoliennes s’installent :

 

De nouvelles autorisations de production éolienne sont parues au Journal officiel le 30 juillet.

La société Viveole, a été autorisée à exploiter deux parcs éoliens, d’une capacité respective de production de 9,20 et 11,50 MW, à Viviers-sur-Chiers (Meurthe-et-Moselle). La SARL Samfi, est autorisée à exploiter une ferme éolienne, d’une capacité de production de 4,60 MW, à Plouisy (Côtes-d'Armor), à Coajou Baslan. La création d'une zone de développement éolien, a été votée par le conseil municipal de Buire-le-Sec (Pas de Calais). La puissance totale de production éolienne sera comprise entre 16 et 72 MW.

 

Voilà  qui nous évitera des tonnes de déchets radioactifs, quelques fuites d’uranium, et l’aggravation du déficit de la sécu pour recrudescence de maladies de la thyroïde. 

 

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Mercredi 16 juillet 2008


C’est ce que redoute l’organisation écologiste Greenpeace qui soupçonne la France de persister à vouloir réintroduire le nucléaire dans le plan climat.

   

   Selon Greenpeace : « L’Europe s’est fixé un triple objectif à l’horizon 2020 : réduire de 20 à 30 % ses émissions de gaz à effet de serre, développer les renouvelables à hauteur de 20 % de sa consommation et réaliser 20 % d’économies d’énergie. Le recours au nucléaire est exclu de cette feuille de route pour une raison simple : son inefficacité totale. D’après l’Agence internationale de l’énergie, tripler le nombre de réacteurs dans le monde ne réduirait les émissions de gaz à effet de serre que le 6 %, tout en absorbant la plupart des financements disponibles. Plus grave encore : la volonté française de replacer le nucléaire dans la feuille de route européenne fait obstacle au développement des renouvelables et de politiques de maîtrise de la consommation, qui répondent le mieux aux problèmes du climat, de la sécurité énergétique et de la hausse des prix de l’énergie. Le retard de la France en matière d’efficacité et de renouvelables en est l’éclatante démonstration ».

 

Pas sûr que le nucléaire arrive à s’imposer à table. Malgré des tonnes de gesticulations pour le vendre et d’habiles discours pour le faire passer pour une énergie propre, il n’a toujours pas gagné la confiance du public. La fuite radioactive de Tricastin et la découverte d’uranium dans la nappe phréatique - résultant probablement de rejets antérieurs, selon la CRIIRAD – ne vont pas rassurer la population ni les investisseurs. Qui veut sacrifier les Côtes du Rhône, les vins AOC, la réputation des truffes et des produits du terroir sur l’autel du lobby atomique ? Secrets militaires, cachotteries, mensonges… le nucléaire traîne beaucoup de casseroles. Difficile de le promouvoir auprès de certains pays européens soucieux des exigences de transparence de leur opinion publique. L’évènement (qualifié d’incident chez nous et d’accident grave ailleurs), ne ralliera pas les scandinaves, les allemands, les autrichiens et les espagnols au nucléaire. De quoi plutôt les en détourner davantage. Et en France ?  L’appel d’offres pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs reçu par quelques 3000 communes a créé l’effroi… Personne n’en veut. On préfère encore les éoliennes. Entre les éoliennes rapides à installer et le photovoltaïque qui fait des progrès fulgurants, les énergies renouvelables ont un bel avenir devant elles… et le nucléaire se ringardise.

 

Bonnes vacances pleines de bio énergies.

 

Une idée de balade :

 

Journée découverte des énergies renouvelables le 23 juillet à Ally (Haute-Loire) organisée par  l'association AMPERE43 (Ally-Mercoeur pour la Promotion des Energies Renouvelables).

Au programme :

- RDV le mercredi 23 juillet à 9h30 à la salle polyvalente d'Ally (43)

- de 10h à 16h : visites guidées de différents sites chez les particuliers qui ouvrent leur porte : Séchage solaire en grange, maison individuelle en bois, maison individuelle et exploitations agricoles avec chaudières à plaquettes et à granulés, chauffage par géothermie, récupérateur de chaleur du lait des vaches, etc…

- Entre 12h et 14h : pique-nique tiré du sac, au pied d'une éolienne.

Tarifs : 5 € / adulte (sauf adhérents) et gratuit au moins de 15 ans.

www.ally43.fr

 

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Jeudi 10 juillet 2008


Selon l’ADEME, "50 % des émissions de CO2 en France sont le fait des ménages. Chaque français émet aujourd’hui, du fait de ses activités quotidiennes, environ 10 tonnes équivalent CO2 par an. Pour prétendre à un mode de vie durable, chaque citoyen devrait diviser par 4 ses émissions afin de ne pas dépasser un plafond annuel de 2 350 kilos équivalent CO2". Pour inciter chacun à adopter un mode de vie plus durable et faire les bons choix, l’ADEME a mis en ligne sur son site un dossier consacré à l’éco-consommation. Ses 4 rubriques  (trouver le bon produit, les bons gestes, tout savoir sur l’éco-consommation, entreprise/administration : se mettre au vert), donnent des infos pratiques et concrètes pour limiter son empreinte écologique.

 

http://www.ademe.fr/eco-consommation

 

L’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) est un établissement public à caractère industriel et commercial français sous la tutelle des ministères en charge de l'Ecologie , de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire et de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.

 

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Mercredi 9 juillet 2008
Conçue et réalisée par Maison & Jardin (constructeur de maisons individuelles basé à Vichy) avec Tarmac France (producteur de blocs béton et de granulats), cette maison située à Hauterive (Allier) affiche de meilleures performances que les 50 kwh/m2/an préconisés par le Grenelle de l'Environnement. Elle est construite avec des parpaings en pierre ponce de 25 cm aux propriétés isolantes, assemblés avec un mortier-colle, selon un procédé exclusif mis au point par Tarmac et déposé sous le nom de Tarmabloc. La pose d’un isolant intérieur et d’un enduit de façade apportent une protection supplémentaire aux murs. Le plafond est protégé aussi par 30 cm de laine de roche.

 

Ses équipements incluent une pompe à chaleur air/eau réversible De Dietrich disposant d’un COP (Coefficient de Performance Energétique) de 4. Sur le toit, 5 m2 de capteurs thermiques pour l’eau chaude solaire, et 20 m2 de tuiles photovoltaïques pour produire de l’électricité (2000 Kwh/an) destinée à la revente, complètent l’installation. Imerys est le fournisseur des solutions solaires.

 

Une innovation de Aldes, la « Temperation®  Nocturne », une ventilation simple flux hygroréglable, fournit une alternative à la climatisation. Les baies vitrées de la maison, au sud, sont équipées de stores Becker avec d’astucieux capteurs qui gèrent la descente et la remontée des stores selon l’ensoleillement, pour profiter au mieux de l’énergie solaire directe.

 

La maison a une surface habitable de 124 m2 pour un prix 157 000 € (hors foncier).

Le futur propriétaire, M. Mougenel, un agriculteur de 29 ans, avoue avoir été davantage motivé par « l’autonomie énergétique » et le souci « de faire des économies » que par une grande cause écologique, quand il a fait son choix. Il n’a pas envisagé l’éolienne domestique ni le chauffage au bois qui lui a paru trop contraignant.

 

L'entreprise Maison & Jardin a été primée 2 fois pour cette maison qui a contribué au lancement de sa nouvelle gamme « habitat vert ». L’offre a déjà séduit une vingtaine de familles de la région qui ont commandé une maison similaire. Alain Bonhomme, Directeur Technique de Maison & Jardin, précise que les équipements sont modulables. Il est possible, par exemple, de remplacer la pompe à chaleur par un chauffage au bois ou une chaudière gaz à condensation.

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Samedi 28 juin 2008


A l'occasion du colloque national "Vers un développement durable de la  filière photovoltaïque en France" organisé par l'Association Européenne de l'Industrie Photovoltaïque (EPIA) et les acteurs français du secteur, à Aix-Les-Bains (Savoie) en ouverture du Solar Event, les professionnels ont proposé des solutions concrètes pour permettre à la France de faire démarrer réellement son marché, à l'instar de l'Allemagne et de l'Espagne.

 

70 MW en attente d’autorisation

En 2007, le marché français du photovoltaïque atteignait 35 MW, contre 2 200 MW en Europe, dont 50 % en Allemagne. Depuis 2006, la France s'est dotée de tarifs d'achat de l'électricité photovoltaïque intéressants, mais en favorisant essentiellement les produits intégrés au bâti et en laissant de côté les installations plus simples (les panneaux posés sur les bâtiments, par exemple), ce dispositif ralentit le développement de la filière. De plus, les temps et contraintes de connexion au réseau constituent également un frein considérable. Au 31 mars 2008, 70 MW de systèmes photovoltaïques étaient en attente d'autorisation, tandis que seuls 2 MW ont été autorisés au premier trimestre 2008.

 

Afin de permettre un développement progressif et ambitieux du marché en France, les professionnels du solaire ont rappelé au cours du colloque leurs revendications :

 

1/ Révision de la Programmation Prévisionnelle des Investissements (PPI)

Révision des objectifs de la PPI à un niveau permettant de favoriser le développement d'une industrie nationale du photovoltaïque : 1 100 MW en 2012 et 7 000 MW en 2020.

 

2/ Elargissement des tarifs d’achat

- Pour les systèmes intégrés au bâti : maintien de la structure et du niveau (0,57 €/kWh) actuels du tarif pour le bâtiment, ainsi que des critères d'éligibilité à la prime d'intégration ;

- Pour les systèmes non-intégrés au bâti : introduction d'un tarif d'achat à 0,45 €/kWh ;

- Pour les systèmes posés au sol : réajustement du tarif de base (à hauteur de 0,38 €/kWh) pour permettre le développement maîtrisé de projets de centrales (jusqu'à 2 000 MW) ;

- Maintien d'un système de soutien adapté en outre-mer ;

- Maintien du crédit d'impôt pour les installations destinées aux particuliers ;

 

3/ Simplification des procédures administratives

- Simplification des procédures administratives par la création d'un guichet unique de traitement de toutes les démarches ;

- Renforcement des mesures actuelles favorables au photovoltaïque dans les codes de la construction et de l'urbanisme.

 

Le colloque national du Photovoltaïque a réuni plus de 400 professionnels. Il était organisé par EPIA en partenariat avec l'ADEME, l’Institut National de l'Energie Solaire (INES), le Syndicat des Energies Renouvelables, ENERPLAN, HESPUL, avec le soutient du Conseil Général de Savoie, la Région Rhône-Alpes, l'Agence économique de Savoie, la ville d'Aix les Bains. Il ouvre le Solar Event, événement grand public qui se déroule du 27 au 29 Juin à Savoie Technolac.

 

Rappelons que l’EPIA (European Photovoltaic Industry Association) représente plus de 170 entreprises du secteur solaire photovoltaïque soit 95 % de l'industrie photovoltaïque européenne, depuis la production de silicium, de cellules et de modules jusqu'au développement des systèmes de production.

Source : Communiqué de presse

 

 


SOLER : Une identité forte pour les professionnels français du photovoltaïque

 

La Commission Photovoltaïque du Syndicat des Energies Renouvelables qui représente 80% des acteurs du marché français, a, depuis le 17 juin, un nom propre et un logo : SOLER (Groupement français des professionnels du solaire photovoltaïque). But : Se structurer autour d’une identité forte pour relever un nouveau défi industriel.

 

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Samedi 28 juin 2008


Daniel Lincot, ingénieur ESPCI (Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielles), Directeur de Recherche au CNRS (et Directeur Adjoint de l’Institut de Recherche et de Développement sur l’énergie photovoltaïque), a lancé le 9 juin un appel des scientifiques pour accélérer le développement du photovoltaïque à l’échelle mondiale afin de répondre aux nouveaux défis énergétiques. Le texte, signé par plus de 50 chercheurs internationaux, précise:

 

« Sur la base des résultats remarquables déjà obtenus pour le développement de l’énergie photovoltaïque grâce aux politiques publiques de soutien, nous demandons le lancement d’une action internationale coordonnée de très grande ampleur pour accélérer le développement mondial de l’énergie solaire photovoltaïque, et son enrichissement par des programmes ambitieux de recherche, de développement et d’éducation ».

 

Daniel Lincot récuse les arguments avancés fréquemment contre les EnR, qui pointent la difficulté de réguler un réseau électrique avec un apport d’important d’énergies renouvelables. « C’est faux », déclare-t-il. «On peut très bien réguler le réseau avec beaucoup de renouvelables, mais cela nécessite de  changer un peu la gestion du réseau. On peut le faire avec l’électronique qui permet des capacités de régulation que l’on n’avait pas auparavant. Les énergies renouvelables sont d’autant plus intéressantes qu’elles ne nécessitent pas la pose de lignes THT qui génèrent des pertes en réseau ».

 

Daniel Lincot présidera cette année la 23ème Conférence Européenne de l’Energie Photovoltaïque, du 1er au 5 septembre, à Valence (Espagne).

www.photovoltaic-conference.com

 

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Jeudi 26 juin 2008

Le 13 juin, le prix du fioul domestique a franchi la barre des 1 € / litre rendant ce mode de chauffage de plus en plus coûteux. Si la prime à la cuve pour les ménages les plus modestes atténuera un peu la facture cet hiver, le prix du fioul risque de se maintenir à un niveau élevé. Comment faire face ? On peut miser sur le réchauffement climatique et escompter que l’on aura de moins en moins besoin de chauffage, mais difficile de s’en passer complètement surtout au Nord de la Loire. Il est donc plus prudent d’isoler sa maison et, si on en a les moyens, d’investir dans un chauffage alternatif pour réduire sa dépendance au fioul. 

 

La chaudière aux granulés de bois (appelés aussi pellets) est une alternative à la chaudière au fioul. Atout : Pas de chargement manuel. L’alimentation est automatisée via une pompe reliée à un silo à granulés. Autre intérêt : Le granulé de bois produit moins de 1% de son poids en cendres. Une consommation annuelle moyenne de 4 tonnes de granulés ne produit donc pas plus de 40 kg de cendres. L’entretien est assez réduit, il faut enlever les cendres de la chaudière 1 fois par mois, voire 1 fois tous les 2 mois.  

 

Quels coûts ?

Pour chauffer pendant un  an une maison de 110 à 150 m2 abritant 4 à 5 personnes : Si on prévoit 2000 litres de fioul domestique, la facture se montera à 2000 €. Avec une chaudière à granulés, pour fournir la même énergie, il faut 4 tonnes de granulés, ce qui revient environ à 800 €.  Inconvénients : La chaudière à granulés est un peu plus encombrante à cause du silo, mais il ne faut pas surestimer l’espace nécessaire. Dans la majorité des installations, la réserve de granulés n’occupe pas plus de 4 à 5 m, soit l’équivalent de 5 tonnes de granulés dans une pièce sous hauteur de plafond standard (2,2 m). Les 2/ 3 des installations font appel à un silo textile.

Son point critique : Elle est hélas, chère. Il faut compter environ 11000 € auxquels il faut rajouter des frais d’installation. La durée de vie d’une telle chaudière est en moyenne de 20 ans. L’achat ouvre droit à un crédit d’impôt et on peut bénéficier d’aides de la région et éventuellement de sa commune aussi.

 

Comment sont fabriqués les granulés ?

Les granulés sont fabriqués à partir de sciures (déchets) des scieries, sans agent de liaison. La matière première est finement broyée puis séchée pour être amenée aux conditions nécessaires avant d’être comprimée à environ 40 bars à travers une extrudeuse. Le séchage est majoritairement réalisé avec des chaudières à déchets de bois, garantissant un bon bilan carbone du produit. Côté combustion, les chaudières à granulés émettent 95% de particules en moins que les chaudières bois bûches.

 

Le choix du granulé de bois est-il encore marginal ?

Selon Okofen, fabricant autrichien de chaudières à granulés, cette année, l’Allemagne installera sa 100 000ème chaudière à granulés de bois. Mais c’est en Haute-Autriche, terre natale de ce système de chauffage que la pénétration est la plus forte. Ce petit land de 1,4 million d’habitants compté déjà 14 000 chaudières installées. En France, ce mode de chauffage n’est réellement connu que depuis 2002 : près de 10 000 chaudières ont jusqu’à présent été installées. La région Rhône-Alpes est en tête des régions françaises, avec 3000 chaudières à granulées installées à ce jour.

Des infos sur le bois énergie sur le portail de l’ITEBE (Institut des Bioénergies) :

www.itebe.org

Des sites de fournisseurs d’équipements :

Okofen, le spécialiste autrichien du chauffage aux granulés, maintenant bien implanté en France : www.okofen.fr

De Dietrich propose des chaudières au bois, dont des modèles aux granulés :

http://www.dedietrich-thermique.fr/produits/gammes_de_produits/chaudieres_bois/les_chaudieres_bois_de_dietrich

Le distributeur exclusif des poêles à bois  Skantherm et Morso : www.boisenergie.fr


Une filière de distribution de bois de chauffage pour les particuliers :
http://www.e-bois.fr

 

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Mardi 17 juin 2008


Lors des journées européennes de l’énergie éolienne le 13 juin dernier, Poweo (CA 2007 de 363,1 Millions d’€, 173 employés) a organisé une visite de la centrale éolienne de Louville-la-Chenard en Eure-et-Loir, où l’énergéticien exploite 12 éoliennes (sur un total de 18). D’une puissance de 24 MW, le parc représente un investissement de  33,6 Millions d'€ pour Poweo. Ceux qui n’ont pas pu venir peuvent découvrir la centrale sur son site web, tout nouveau, plein d’infos et de photos :

 

www.eoliennes-de-louville.info

 

Il est intéressant d’apprendre que sur une année de production, la centrale éolienne de Louville permet d’éviter :

 

- soit 46000 tonnes de CO2 (par rapport à une production via des centrales thermiques)

-  soit 4700 tonnes de CO2, 500 kg de déchets radioactifs à vie courte et 50 kg de déchets radioactifs à vie longue (par rapport à une production issue d’un mix « thermique / nucléaire / hydraulique »).

 

Alors, bon vent à ces éoliennes !

 

Avec une puissance installée de 359 MW et 328 MW en cours de mise en service, l’Eure-et-Loir est le département qui compte le plus grand nombre d’éoliennes en France. Favorablement exposée aux vents, la région Centre (Cher, Eure-et-Loire, Indre, Indre-et-Loir, Loir-et-Cher, Loiret), fait partie des territoires leader dans la production d’énergies renouvelables avec une puissance de 607 MW fournies par 207 éoliennes.

 

Un compte-rendu de la visite de la centrale de Louville :


http://www.thewindpower.net/55-journee-eolien-2008-louville-poweo.php

 

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Jeudi 12 juin 2008


Agir pour l'Environnement et le Réseau Action Climat s’inquiètent d’un  pacte démoniaque conclu en catimini entre la France et l’Allemagne où l’un accepterait un seuil plus élevé d’émissions de CO2 pour les véhicules des particuliers, en contrepartie de l’accord de l’autre pour la relance du nucléaire en Europe. Alors qu’ils plébiscitent les énergies renouvelables, les citoyens européens auraient du nucléaire et des gaz à effet de serre.

 

Le 11 juin, les 2 associations ont diffusé une lettre ouverte au Président de la République : 


 

Règlement européen visant à limiter les émissions de CO2 des véhicules particuliers : Un accord franco-allemand « atomobile » ?

 

 

Monsieur le Président de la République,

 

 

A l’occasion du 9è conseil des ministres Franco-Allemand, la France et l'Allemagne ont dessiné les contours d’un accord relatif aux rejets de CO2 émis par les véhicules particuliers commercialisés dans les pays de l’Union en 2012. Bien que le Ministre de l’Ecologie ait défendu, jusqu’à récemment, un accord se référant à un objectif de 120g/CO2 applicable dès 2012, il semble que vous ayez accepté, à rebours, un accord en très net recul reposant sur un seuil de 138g/CO2 applicable dans les faits en 2015 seulement.

 

Nous sommes fondés à nous interroger sur les contreparties liées à cet accord dont les bénéficiaires exclusifs semblent être les constructeurs automobiles allemands : automobile allemande contre atome français ? Un accord « atomobile » reviendrait à favoriser le nucléaire en France et l’effet de serre en Allemagne débouchant sur une Europe radioactive et climaticide ! Au terme de ce contrat, les citoyens européens auraient donc le nucléaire ET l'effet de serre !!!

 

Nous ne pouvons accepter que les intérêts de certains constructeurs automobiles puissent préempter un débat capital pour notre avenir à tous. En sus de cet accord sans ambition, nous ne pouvons que constater que les grandes déclarations ayant fait suite au Grenelle de l’environnement ne sont pas suivies d’effets.

 

L’'image du pouvoir ne peut se résumer au pouvoir de l’image. Or, si cet accord franco-allemand venait à être adopté définitivement par l’union européenne, aucun effort réel et sérieux ne serait demandé à l’industrie automobile. Face à la flambée des prix du pétrole et aux risques engendrés par le dérèglement climatique, nous nous étonnons de l’attentisme de l’accord franco-allemand qui laisse à penser que le secteur « transport », responsable de 23% des émissions de CO2, en hausse de 26% depuis 1990, n’aurait pas d’efforts particuliers à faire.

 

Il est inconcevable qu’à la veille de Présidence française de l’Union européenne, la France opte pour un accord minimaliste, sous le regard bienveillant des constructeurs automobiles.

 

Agir pour l'Environnement et le Réseau Action Climat France s’interrogent sur ce soudain revirement vous ayant conduit à renoncer à un accord ambitieux. Par la présente, nous tenons à vous exprimer notre profond désaccord et vous appelons à faire montre d’une ambition renouvelée afin de sauver l’intégrité climatique.

 

Par cet accord, la France a délibérément choisi de tourner le dos aux engagements pris dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Nous constatons avec amertume qu’à l’heure des choix, la France joue aux abonnés absents.

 

Votre posture dans cette négociation n’est pas à la hauteur des enjeux climatiques actuels. Face à l’urgence de la situation, nous sollicitons une audience afin de vous faire part de nos revendications.

 

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, nos salutations écologiques.

 

Stéphen Kerckhove, Délégué général d’Agir pour l'Environnement

Olivier Louchard, Directeur du Réseau Action Climat - France (RAC-F)

 

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Lundi 9 juin 2008


Pour aider les pêcheurs, faut-il encore subventionner le gazole ou les inciter à passer au transport durable ?

 

Les pêcheurs bénéficient déjà d’une détaxe sur le gazole. Ils revendiquent un litre à 0,40 € quand ils le payent environ 0,80 €. Mais accorder une baisse de prix à certaines catégories serait d’autant plus démago que le pétrole se raréfie. Lorsqu’une flambée du prix du baril en septembre dernier avait suscité la grogne, on a entendu Christine Lagarde dire « l’essence augmente, roulez en vélo». Cette fois, Madame la Ministre n’a pas dit aux pêcheurs « prenez des pédalos», mais sérieusement, n’est-il pas temps d’envisager d’autres solutions ?

 

Quelques pistes à suivre

 

Des voiles automatisées sur les chalutiers


A Douarnenez, chez P’ti Mousse, Jean-Luc Pelloquin a adapté une voile sur un bateau à moteur. Le projet « Grand Largue » piloté par le scientifique Pierre-Yves Glorennec entend développer à grande échelle un système équivalent. But : Equiper des chalutiers de voiles automatisées pour économiser 20 à 30% de carburant. Les voiles ne remplacent pas le moteur mais fournissent une aide à la propulsion.

http://www.kavadenn.com/nautisme/info/peche-pistes-pour-consommer-moins/1728

 

La renaissance de la marine marchande à voile


La Compagnie de Transport Maritime à la Voile
(Montpellier) fondée par 4 passionnés et soutenue par des vignerons du Languedoc-Roussillon, prévoit de construire plusieurs grandes goélettes afin d’exporter les vins français en Europe du Nord, Irlande et Royaume-Uni.  Fonctionnant à 75% à la voile, les bateaux utiliseront, pour les manœuvres portuaires, un moteur à l’huile de colza. Capacité : 300 tonnes de fret par voyage. Longueur : 47 m. 2 mâts de 22 m de haut. Ouverture d’une ligne Bordeaux-Dublin et mise à l’eau d’un navire en septembre 2009.

 

SkySail, une sorte de « kite-surf » pour cargo


Il permet d’économiser jusqu’à 50% du fioul d’un cargo.

www.skysails.info

 

Une hydrolienne associée à une voile sur un bateau


C’est une invention de Christophe Verna : 

http://inventions.a.verna.free.fr/pagehydrolienne.htm

 

 

par Mijo publié dans : transport communauté : Energie - Clean techs
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