Plutôt en sortir avant la catastrophe. 5 incidents en 3 semaines. On frise l’overdose.
1er incident le 7 juillet à la Socatri, filiale de retraitement d’Areva, sur le site de Tricastin (Vaucluse). Environ 74 kilos d'uranium sont rejetés dans les rivières de la Gaffière et du Lauzon, après une fuite lors du nettoyage d'une cuve de rétention. Des puits de particuliers et certaines zones de la nappe phréatique s’avèrent contaminés. La cause pourrait être un dépôt ancien de déchets radioactifs révélé par la CRIIRAD.
2ème incident le 17 juillet, à Romans-sur-Isère (Drôme). Une fuite d'effluents radioactifs s’est produite à la CERCA (Compagnie pour l’Etude et la Réalisation de Combustibles Atomiques) une usine d’Areva, spécialisée dans la fabrication d’éléments combustibles pour les réacteurs nucléaires de recherche français et étrangers. Constat inquiétant : Une canalisation en PVC, endommagée, fuyait déjà depuis un certain temps.
3ème incident le 18 juillet, sur un chantier de maintenance de la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère). 15 employés sont contaminés par des radioéléments.
4ème incident le 23 juillet à la centrale de Tricastin : 100 salariés sont « légèrement
contaminés » par des particules radioactives échappées d'un tuyau dans le bâtiment d'enceinte du réacteur 4 arrêté pour maintenance.
5ème incident encore à Tricastin,
le 29 juillet, un échappement de poussières radioactives dans le réacteur 4 (toujours le même). 127 employés sont évacués, 45 sont envoyés à l’infirmerie. 2 se révèlent «légèrement
contaminés » après un examen médical. Il paraît que cette fois, ce n’est rien du tout. C’est juste une alarme qui s’est déclenchée de façon intempestive.
L’incident est-il clos ? Rien n’est moins sûr. Souhaitons qu’il ne tourne pas au drame.
Pour les vacances aux bioénergies, mieux vaut éviter la vallée du Rhône et ses centrales nucléaires qui fuient. Hélas, les produits locaux risquent de souffrir aussi. L’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) des vins des Coteaux du Tricastin veut changer de nom avant la récolte 2009 pour rehausser son image dégradée par « les incidents ».
Nos voisins misent sur l’éolien :
L’Allemagne prévoit de construire 30 parcs éoliens en mer du Nord et en mer Baltique d’ici 2030. A cette date, 25000 MW proviendront de l’énergie éolienne. La construction de 2000 éoliennes en mer devrait fournir dans un premier temps une capacité de 14000 MW d’électricité. Les 1ères installations seront dressées cette année au large de l’île de Borkum en mer du Nord. Wolfgang Tiefensee, Ministre des Transports et de l’Urbanisme, a déclaré au quotidien Welt am Somtag « Nous misons sur les énergies renouvelables et non pas sur le nucléaire ». Selon lui, l’intérêt des investisseurs prouvent la rentabilité économique de ce type d’investissements.
La Grande-Bretagne a adopté un plan massif de développement dans les énergies renouvelables, de 126 milliards d’€ sur 12 ans. 7000 turbines éoliennes devraient être érigées à travers le pays d’ici 2020, dont 4000 à terre et 3000 en mer. L’ensemble représentera une puissance de 33 GW. Selon la BWEA (British Wind Energy Association), 5 ans devrait suffire pour que l’énergie éolienne dépasse la capacité de l’énergie nucléaire en GB.
La France fait tout pour freiner le déploiement des éoliennes :
Les pouvoirs publics veulent soumettre par décret les parcs éoliens à la procédure d'autorisation des «installations classées pour la protection de l'environnement » (ICPE) qui encadre les équipements présentant les dangers et les risques de pollution les plus importants. Si ce projet aboutissait, une seule éolienne de 2 MW serait soumise à des contraintes et à des pénalités financières équivalentes voire supérieures à celles d'une centrale thermique (gaz, charbon ou fioul) de 500 à 1 000 MW ! La France aurait la législation la plus contraignante au monde pour l’éolien
Pour charger encore la barque, un rapport de Vincent Le Biez, «Eoliennes : nouveau souffle ou vent de folie ?», diffusé par l’Institut Montaigne, estime que le développement de l’éolien en France entraînerait « des surcoûts pour les consommateurs pouvant dépasser 2,5 milliards d’euros par an à horizon 2020 ».
Mais le rapport a zappé un avantage concurrentiel : les éoliennes ne produisent ni déchets radioactifs ni fuites d’uranium. Avec le temps, la facture nucléaire s’alourdit. Il faut intégrer le surcoût des « incidents » : l’indemnisation des agriculteurs qui perdent leurs récoltes par interdiction d’arrosage, celle des propriétaires de gîtes qui n’ont plus de clients et des possesseurs de puits inutilisables; auxquels il faut ajouter les coûts de stockage et de gestion des déchets radioactifs pendant des milliers d’années…
... Mais le vent souffle et les éoliennes s’installent :
De nouvelles autorisations de production éolienne sont parues au Journal officiel le 30 juillet.
La société Viveole, a été autorisée à exploiter deux parcs éoliens, d’une capacité respective de production de 9,20 et 11,50 MW, à Viviers-sur-Chiers (Meurthe-et-Moselle). La SARL Samfi, est autorisée à exploiter une ferme éolienne, d’une capacité de production de 4,60 MW, à Plouisy (Côtes-d'Armor), à Coajou Baslan. La création d'une zone de développement éolien, a été votée par le conseil municipal de Buire-le-Sec (Pas de Calais). La puissance totale de production éolienne sera comprise entre 16 et 72 MW.
Voilà qui nous évitera des tonnes de déchets radioactifs, quelques fuites d’uranium, et l’aggravation du déficit de la sécu pour recrudescence de maladies de la thyroïde.
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